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«Une année chargée en émotions» - Hendrix Lapierre

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Tous les hockeyeurs de la LHJMQ ont été mis au congé forcé pendant près de six mois en raison de la COVID-19. Pour Hendrix Lapierre, l’attente a été beaucoup plus longue.

Le 24 novembre dernier, à Moncton, une mise en échec de Jakob Pelletier mettait Lapierre K.-O. pour la deuxième fois en deux mois. À ce moment, on craignait le pire : «une troisième commotion cérébrale en neuf mois», mentionnait-on, soulevant d’importants questionnements sur la suite de la carrière du talentueux attaquant et potentiel choix de première ronde dans la LNH.

Mais, quelque chose clochait.

«J’en avais fait une en février et les symptômes que j’avais n’étaient pas les mêmes. J’avais des maux de tête cinq ou dix minutes le matin et c’était tout. Je n’étais pas étourdi. On trouvait ça bizarre parce que je ne me sentais pas super mal», raconte-t-il.

«Tordues et coincées»

Devant cette situation, l’agent de Lapierre Philippe Lecavalier a décidé d’investiguer davantage. Il décide d’amener son client en Floride, où réside le physiothérapeute Dan Dyrek qui a notamment travaillé avec les Pacers de l’Indiana de la NBA et les Red Sox de Boston.

Dès les premiers rayons X, l’Américain a de bonnes nouvelles pour Lapierre : les symptômes qu’il a ressentis s’apparentent à ceux d’une commotion cérébrale, mais sont plutôt liés à des problèmes de vertèbres cervicales.

«Il l’a vu dès le début. Le terme anglais est twisted and stuck (tordues et coincées). Autrement dit, mes vertèbres étaient toutes pognées ensemble.»

Ce problème aux vertèbres remonte probablement, selon le spécialiste, à la première commotion subie en février 2019. Les problèmes d’octobre et novembre n’auraient donc pas été des commotions, mais plutôt des complications liées aux vertèbres cervicales. «Dès les premiers traitements, je me suis mis à me sentir 100 fois mieux», se souvient-il.

En forme

Les rapports ont ensuite tous été envoyés à la Centrale de recrutement de la LNH afin d’atténuer les craintes que pouvaient avoir les recruteurs sur l’état de santé de celui qui était considéré, en début de saison 2019-2020, comme un potentiel choix du top-10 au repêchage de la LNH qui se tiendra finalement les 6 et 7 octobre prochains.

Lapierre a ensuite reçu le feu vert des médecins pour reprendre l’action le 7 avril, mais, déjà, la saison et les séries de la LHJMQ avaient été annulées en raison de la pandémie.

«Disons que ç’a été une année chargée en émotions. J’ai eu beaucoup de questionnements et il y a eu des passes où c’était plus difficile. À Noël, je me suis dit que j’étais dans cette situation et que je devais faire du mieux que je pouvais pour m’en sortir et de ne pas trop voir le négatif. Heureusement, ça s’est bien terminé et je suis fier de ce que j’ai accompli», mentionne-t-il.

Le 3 septembre dernier, soit un peu plus de neuf mois après avoir disputé son dernier match dans la LHJMQ, Lapierre a rechaussé les patins pour les Sags dans le cadre du deuxième match préparatoire de l’équipe, contre le Drakkar de Baie-Comeau.

En confiance

Et il n’a pas trop mis de temps à retrouver ses repères, terminant avec une récolte de deux buts et deux aides dans une victoire de 6-1 des siens.

«Ça faisait du bien de retourner dans un match. Toutes mes inquiétudes sont tombées», a-t-il assuré.

L’entraîneur Yanick Jean a aussi beaucoup aimé ce qu’il a vu de son talentueux no. 92.

«J’ai été vraiment impressionné. Il a pris de la force et son lancer s’est amélioré. Il a aussi pris de l’endurance. Tu vois qu’il a faim parce qu’il était à fond de train à toutes ses présences sur la glace.»

Ce dernier avoue avoir trouvé difficile de voir un jeune joueur aussi talentueux que Lapierre être mis à l’écart en raison de problèmes de santé. Il n’a toutefois jamais douté qu’il reviendrait à 100 %.

«Tu ne veux jamais qu’il arrive quelque chose de grave à un jeune joueur. Après quelques mois, on a reçu plusieurs bonnes nouvelles dans son cas qui ont fait en sorte qu’on était confiants qu’il reviendrait en santé.»

Maintenant, la saison 2020-2021 approche à grands pas et Lapierre a l’intention de faire amende honorable pour une année de repêchage gâchée. Avec Dawson Mercer, il a le potentiel de former l’un des duos les plus dangereux de toute la LHJMQ cette saison.

«Je veux prouver que je suis un joueur travaillant qui se présente chaque soir. Je veux continuer d’apprendre et être un leader pour mon équipe. Je jouerai mon année de 18 ans et c’est le temps pour moi de prendre un step. Je suis capable de faire ça et, avec l’équipe qu’on a, je pense qu’on peut faire de belles choses.»