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Séries 2020 de la LNH

«On veut jouer les mauvais garçons»

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Il s’agit assurément d’un des clichés les plus répandus du hockey, mais il est vrai qu’en séries éliminatoires, le momentum d’une victoire ne se transfère pas au match suivant. L’histoire de la LNH est pleine d’équipes qui se sont fait rosser un soir donné pour ensuite rebondir dans la confrontation suivante.

Les joueurs du Lightning en sont bien conscients. Malgré une convaincante victoire de 8 à 2 lundi soir, en lever de rideau de la finale de l’Association de l’Est qui l’oppose aux Islanders de New York, personne ne se pavanait pendant la disponibilité média des Floridiens, mardi après-midi. 

«C’est vrai que nous voulions tirer avantage de leur fatigue et lancer un message. Toutefois, le message ne sera efficace que si nous gagnons le deuxième match», a soutenu Jon Cooper.

D’ailleurs, l’entraîneur du Lightning était très heureux de constater que ses ouailles avaient gardé les deux pieds sur terre malgré ce gain à sens unique.

«C’est la première fois en neuf victoires que je constate que le vestiaire est aussi silencieux. La raison en est fort simple : les gars savent que les Islanders peuvent jouer mieux. Ils savent également que notre équipe peut faire mieux», a indiqué le pilote de 53 ans. À première vue, la critique de Cooper peut paraître sévère. Mais, il n’a pas tout à fait tort.

La nature humaine étant ce qu’elle est, il est facile de tomber dans les mauvaises habitudes lorsque l’opposition est déficiente.

Jouer les mauvais garçons 

À ce propos, Pat Maroon a offert quelques exemples.

«Du moment qu’on a pris les devants, on a commencé à causer des revirements, à permettre des attaques en surnombre. On a également écopé de beaucoup trop de punitions.»

En contrepartie, le colosse reconnaît qu’il y a un aspect du jeu sur lequel ses coéquipiers et lui ont excellé. Sur les huit buts que le Lightning a marqués, la moitié l’ont été à proximité du demi-cercle du gardien des Islanders ou avec un joueur dans son visage.

«On veut être imposants, on veut être gros. Devant le filet adverse, on veut jouer les mauvais garçons. C’est certain que les défenseurs vont te rendre la vie difficile si tu essaies trop de t’approcher du gardien. Par contre, c’est à cet endroit que les bonnes choses arrivent.»

L’expérience de Trotz 

La grande majorité des joueurs des Islanders ne se sont jamais rendus aussi loin en séries éliminatoires, mais ils n’ont pas besoin de regarder bien loin pour obtenir la confirmation que tirer de l’arrière dans une série n’est pas la fin du monde. Surtout lorsqu’il s’agit du premier match.

En 2018, lorsqu’il a mené les Capitals à la coupe Stanley, Barry Trotz a vu son équipe tirer de l’arrière dans chacune des quatre rondes.

«Avec le temps, tu finis par comprendre que les routes pour se rendre à la coupe Stanley sont toutes différentes. Les pépins sont nombreux. Tu ne sais jamais ce qui t’attend dans le détour», a déclaré l’entraîneur d’expérience.

Pour renforcer son point, Trotz a raconté à ses joueurs que lors de leur première conquête de la coupe Stanley, en 1980, les Islanders s’étaient fait rosser 8 à 3 dans le deuxième match de la ronde ultime.

«Ils se sont relevés et sont finalement venus à bout des Flyers», a-t-il indiqué.

Plus de hargne 

Évidemment, la pensée magique sera loin d’être suffisante pour espérer imiter les Mike Bossy, Bryan Trottier, Denis Potvin et compagnie. Des correctifs devront être apportés.

Histoire de reposer ses troupiers, Trotz leur a donné congé d’entraînement. Il les a plutôt conviés à une séance vidéo au cours de laquelle il a insisté sur des points précis.

«Il n’y a rien que nous avons vu aujourd’hui qui n’est pas ajustable, a mentionné le Manitobain. Notre niveau de compétition était loin d’être assez élevé pour gagner. À quelques reprises, le porteur de la rondelle est parvenu à sortir du coin, même si nous avions deux joueurs qui appliquaient de la pression. Ça ne peut pas arriver.»