Séries 2020 de la LNH

Ryan bat ses démons et remporte le Bill-Masterton

Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Le 27 février dernier, Bobby Ryan marquait trois buts dans un gain de 5 à 2 des Sénateurs contre les Maple Leafs de Toronto au Centre Canadian Tire. Derrière l’exploit d’un tour du chapeau, il y avait une symbolique bien plus grande.

Ryan en était à son deuxième match seulement avec les Sénateurs après une longue absence de 43 matchs.

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L’Américain de 33 ans avait placé sa saison sur pause afin de s’attaquer à un démon dans sa vie, sa dépendance à l’alcool.

Il a suivi le programme des dépendances de la LNH pour replacer sa vie sur les rails.

Près de sept mois après cette soirée magique contre les Maple Leafs, Ryan a reçu un cadeau pour son courage et sa détermination.

Il a hérité du trophée Bill-Masterton, remis au joueur de la LNH ayant le mieux personnifié les qualités de persévérance, de détermination et d’esprit d’équipe.

À cœur ouvert

«J’ai pris un détour, mais je suis de retour, a dit Ryan lors d’une visioconférence quelques minutes après l’annonce de son titre. Je suis de retour et je tente de devenir une meilleure personne tous les jours.»

Oskar Lindblom, des Flyers de Philadelphie, et Stephen Johns, des Stars de Dallas, étaient les deux autres finalistes pour ce trophée.

Ryan avait eu le courage de s’ouvrir sur ses problèmes quelques jours avant son retour au jeu. Il avait parlé à cœur ouvert le matin du 22 février après un entraînement matinal à Ottawa.

«Je faisais les choses de la mauvaise façon, avait dit le numéro 9 des Sénateurs. Je pouvais ne rien faire pendant 20 jours, mais je tombais ensuite sur une très mauvaise journée. J’avais besoin d’aide. Mais il y a tellement une stigmatisation à propos du fait de demander de l’aide.»

«Je suppose qu’on pourrait parler d’une attaque de panique, mais c’était plus une prise de conscience. Je n’empruntais pas le bon chemin, tant professionnellement que personnellement. Je ne pouvais pas continuer comme ça. Il y a plusieurs matins où je me réveillais rongé par la culpabilité et la honte. Je croyais m’en sortir par moi-même. C’était le cas pendant 12 jours et je retombais.»

Assumer les conséquences

Ryan a finalement choisi de se relever pour lui, mais aussi pour sa femme Danielle et ses deux jeunes enfants. Au départ, le gros ailier avait peur de raconter son histoire.

«J’en souffrais puisque je savais que ça deviendrait une affaire médiatique. J’ai passé des mois et des années à essayer d’éviter ça en gérant les choses moi-même. Mais je suis arrivé à une étape où je me suis dit que c’était assez. Pour guérir, tu as aussi besoin d’affronter la musique et de raconter ton parcours.»