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F1

Pierre Gasly remet les pendules à l'heure

Publié | Mis à jour

La revanche après la disgrâce: loué pour ses qualités à son arrivée en Formule 1 en 2017, le Français Pierre Gasly, après un passage cauchemardesque chez Red Bull, vit son retour chez AlphaTauri comme une renaissance, ponctuée dimanche par son premier succès à Monza (Italie).

Il avait dit avoir vécu le «plus beau jour de (sa) vie» après le Grand Prix du Brésil, en novembre 2019, dont il avait terminé 2e pour son premier podium en F1.

Dimanche, sur le circuit mythique de Monza, Gasly a fait encore plus fort à 24 ans: il a mis fin à une disette de 24 ans pour la France dans la catégorie-reine du sport automobile.

«C'est incroyable. Je ne suis pas sûr de réaliser», a-t-il avoué.

Avec cette victoire retentissante, il se venge ainsi de son passage très compliqué chez Red Bull. 

Promu début 2019 aux côtés de Max Verstappen, il n'avait pas tenu la comparaison face au prodige néerlandais et avait été rétrogradé en fin de saison chez Toro Rosso, remplacé par le Thaïlandais Alexander Albon.

La décision faisait suite à plusieurs mises en demeure d'Helmut Marko, responsable de la filière pilotes de Red Bull. Et elle avait tout de la disgrâce, même si le Français affirmait poliment, dès le premier Grand Prix de son retour chez Toro Rosso, en août 2019, avoir «digéré» la décision de sa direction.

Tous les voyants avaient été au vert jusque-là pour lui, couvert d'éloges à son arrivée en Formule 1. «Très vite», «travailleur», «pro», «étonnamment mature»... De l'avis général, il avait toutes les qualités pour briller en F1.

«Culte de l'effort permanent»

Il avait, avant cela, déjà dû ronger son frein, voyant plusieurs pilotes de sa génération, Carlos Sainz Jr, Max Verstappen ou encore Esteban Ocon, obtenir une place sur la grille avant lui.

On avait alors pu craindre que, pour des raisons politiques ou financières, Gasly ne passe pas le «cut», malgré son titre en 2016 en GP2, l'antichambre de la F1.

Le coup avait été dur à encaisser, confirmaient alors ses proches, mais le natif de Rouen (Normandie) a toujours su attendre son heure. Il a continué de jouer les troisièmes pilotes pour Red Bull, dont il a rejoint la filière jeunes en 2013, et s'est exilé au Japon pour courir en Super Formula.

Patience et bons résultats avaient fini par payer. En 2017, l'intransigeance de Red Bull envers ses pilotes avait d'abord joué en sa faveur. Daniil Kvyat décevant chez Toro Rosso, Gasly lui avait succédé pour les derniers Grands Prix de la saison.

Ironie de l'histoire, il avait alors pour coéquipier Carlos Sainz Jr., deuxième dimanche à Monza, et il est cette saison associé chez AlphaTauri à... Kvyat, trois ans après lui avoir chipé sa place.

Avec cette victoire, les errements de début 2019 semblent bien loin pour Gasly. Le Normand, loin devant son coéquipier russe au classement (43 pts contre 4), s'affirme à nouveau comme l'un des plus gros potentiels de la F1.

Et les mots prononcés lors de son accession à la Formule 1 par sa mère Pascale, l'une des premières à voir chez lui ce «culte de l'effort permanent», résonnent à nouveau fort: «Être en F1, c'est bien. Mais lui veut être champion du monde.»