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Crédit : AFP

F1

Verstappen, l'âge de raison

Publié | Mis à jour

Oublié, «Mad Max» ? À bientôt 23 ans, l'impétueux Max Verstappen semble avoir appris à maîtriser son tempérament et montre pour sa sixième saison en F1 une facette de sa personnalité plus réfléchie et sympathique.

On est loin de l'ado revêche du Grand Prix du Canada 2018 qui menaçait de «donner un coup de boule» si les médias continuaient à l'interroger sur ses erreurs en piste. Loin de celui qui s'accrochait inutilement avec Esteban Ocon alors qu'il menait au Brésil la même année, avant de bousculer le Français devant les caméras après la course.

Le Verstappen de 2020, riche de 9 victoires, 37 podiums et 2 pole positions en 109 GP (110 ce week-end en Italie), plaisante face à la presse et lors des échanges radio avec son équipe, qu'il exhorte -- certes sans ménagement en Espagne -- à se concentrer sur la deuxième place quand la première est hors de portée.

«Les choses peuvent paraître plus détendues parce que Mercedes est tellement dominante. Parfois, il faut juste l'accepter et essayer de faire au mieux», explique à l'AFP celui dont la patience n'avait jusque-là pas semblé être la qualité première.

Il faut dire que le Néerlandais a de qui tenir: son père Jos, lui-même ancien pilote de F1, n'a pas pour réputation d'être l'homme le plus placide du paddock. 

«Presque déjà vieux»

«Il m'aurait donné un coup de pied dans les couilles si je l'avais fait», disait d'ailleurs Max après avoir refusé de céder sa place à son équipier d'alors, Carlos Sainz Jr, à la fin du GP de Singapour en 2015, lors de sa première saison en F1.

Cinq ans plus tard, le «bad boy» a arrondi les angles pour devenir le leader d'une équipe, Red Bull, qui ne jure que par lui.

«J'ai été très impressionné de le voir soutenir son équipier dans les moments difficiles», prend pour exemple le directeur d’équipe Christian Horner. «Après les qualifications à Silverstone, il est resté plus tard pour aider Alex (Albon) qui avait des engagements auprès des sponsors. Il savait que c'était la dernière chose qu'Alex voulait, alors il a proposé de le faire ensemble. C'est faire preuve d'un bel état d'esprit et d'humanité, sachant combien Max déteste ces choses-là.»

D'après le dirigeant britannique, lui aussi interrogé par l'AFP, le plus jeune pilote de l'histoire de la F1, qui a débuté en Australie en 2015 avec Toro Rosso à 17 ans 5 mois et 15 jours, a tout simplement grandi. 

Depuis son premier succès en Espagne en 2016, à 18 ans 7 mois et 17 jours, pour sa première avec Red Bull, Verstappen «a gagné en maturité, affirme Horner. Il va avoir 23 ans (le 30 septembre, ndlr) et c'est presque déjà vieux ! Il a plus d'expérience, de la vie aussi, et il est très bien dans sa peau. Il est bien dans l'équipe, confiant, et cela se ressent dans son personnage.»

«Je sais être drôle»

«Je pense qu'il a une meilleure compréhension, une vision plus large, pas seulement d'une partie du tableau», termine-t-il.

Une maturité qui se traduit dans ses résultats: moins impulsif l'an dernier déjà, le Néerlandais a signé sa meilleure saison avec une 3e place finale au Championnat.

Fidèle -- encore -- à certaines de ses habitudes, Verstappen, plus jeune vainqueur de GP de l'histoire de son sport, n'élabore guère sur le sujet. «Je pense que vous grandissez tous les ans. Vous progressez mais vous apprenez aussi à mieux connaître votre équipe. Et nous avons toujours eu une bonne relation», répond-il.

Avant de concéder, tout de même, dans un petit rire: «je peux avoir cet air sérieux, ou quelque chose comme ça, mais oui, je sais être drôle, j'espère !»

Et ses blagues sur les mains moites de son ingénieur ne l'empêchent pas d'être performant: s'il semble peu probable que le Néerlandais devienne en fin d'année le plus jeune champion du monde de l'histoire (devant l'Allemand Sebastian Vettel à 23 ans 4 mois et 11 jours en 2010), il réussit pour l'heure l'exploit de s'intercaler au classement des pilotes entre les Mercedes du Britannique Lewis Hamilton et du Finlandais Valtteri Bottas !