Ivan Demidov voudra être très riche ou très, très, très riche?
Si vous étiez son agent, mon œil que vous lui suggéreriez de signer cet été


Jean-Nicolas Blanchet
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L’attaquant du Canadien Ivan Demidov a deux choix devant lui : devenir très riche et signer un contrat de huit ans à Montréal ou... devenir très, très, très riche en signant moins longtemps pour faire exploser la banque par la suite.
À partir du 1er juillet, le Canadien pourra offrir une prolongation de contrat à son ailier de 20 ans. L’entente débutera lors de la saison 2027-2028. C’est ce qu’ont fait Lane Hutson, Nick Suzuki et Juraj Slafkovsky.
On peut analyser tout ça comme si on était le monde parfait d’une publicité de papier toilette avec des nuages en soie et des bébés chats.
On se dirait que Demidov fera comme ses coéquipiers. Il aura environ huit millions de dollars par année jusqu’en 2036. Il ne craindra pas la fin du mois et pourra bien s’enraciner à Montréal. Il pourra s’émanciper dans un club gagnant pour un bon bout et rêver à la coupe. Ça le sécurise pour l’avenir concernant les blessures aussi.
Dans la peau de l’agent
Maintenant, mettons-nous dans la peau de l’agent d’Ivan Demidov. C’est Daniel Milstein, en passant.
Demidov vient de faire 62 points. C’est 12 de plus que Slafkovsky quand il a signé sa prolongation de contrat.
C’était la saison 2023-2024. Slafkovsky avait joué toute l’année avec Cole Caufield et Nick Suzuki (746 minutes à cinq contre cinq).
Demidov, quant à lui, n’a pas eu ce luxe. À forces égales, il a joué 3 minutes et 48 secondes avec Caufield et Suzuki cette année. Le jeune Russe a plutôt évolué avec Oliver Kapanen et Alex Newhook la plupart du temps.
Kapanen n’avait jamais marqué plus de 20 buts, peu importe où il jouait, depuis cinq ans. Il l’a fait avec Demidov.
Imaginez un instant que le centre de Demidov ait été Suzuki. Ou imaginez que le CH réussisse à aller chercher Nico Hischier et qu’on lui flanque Demidov à l’aile.

Ce sera beaucoup plus que 62 points, on s’en doute.
Admettons qu’il en fait 86 la saison prochaine... Ce ne sera pas 8 M$ qu’il sera en mesure de demander. Ce sera la lune et probablement quelques satellites.
Et s’il veut un contrat pont de trois ans et qu’il fait 108 points dans deux ans, ce sera quoi, la suite ?
Ça pourrait être deux fois plus de bidous que s’il accepte un contrat de huit ans à partir du premier juillet.
Go, Kent, go !
Le Canadien a ainsi toutes les raisons du monde de s’entendre avec lui, et ce, le plus vite possible et le plus longtemps possible.
Ce n’est pas son agent mais Demidov qui aura, évidemment, le dernier mot.

Il peut faire comme Lane Hutson. La vie est belle pour lui. Il est riche, heureux et bien installé à Montréal. Il se doute qu’il aurait pu être beaucoup plus riche en étant patient. On l’aime tellement, notre jeune Lane ! Il a fait ça pour l’équipe.
Ça fait bizarre à dire qu’on se sacrifie pour une équipe en acceptant 70 M$, mais c’est ça, la LNH, maintenant.
On ne peut pas s’attendre à ça de tous les joueurs. Ce sont eux qui remplissent les caisses.
On verra si Kent Hughes pourra être aussi convaincant qu’avec Hutson. Offrir une prolongation de contrat à Demidov cet été pour moins de 9 M$ durant huit ans serait un coup de génie, à mon avis.