Vallée Bras-du-Nord: les résidents des zones rouges invités à rester chez eux


Martin Lavoie
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La Vallée Bras-du-Nord, à Saint-Raymond, dans la zone orange de Portneuf, a annoncé en fin après-midi qu’elle demande aux résidents des zones rouges de ne pas venir la fréquenter.
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La Vallée a grandement profité de l’engouement des Québécois pour le plein air cet été, mais l’annonce du gouvernement du Québec d’hier a tiré la sonnette d’alarme.
«Nous demandons aux gens des zones rouges de ne pas venir. C’est une évidence qu’il faut faire notre job de bon père de famille. On se doit comme organisation de faire respecter autant qu’on le peut les directives de la santé publique», a expliqué Frédéric Asselin, directeur général de la coopérative.
«Ce n’est pas une décision facile, mais il faut avoir une conscience sociale. Il y a des préoccupations à Saint-Raymond. Les gens voient un apport de touristes rouges. Ce n’est pas une belle image de notre organisation dans la communauté. C’est important aussi qu’on survive et qu’on protège nos employés qui sont fatigués», ajoute-t-il.
Grande affluence
La coopérative a connu en 2020 sa meilleure saison en termes de fréquentation.
«Nous avons eu une augmentation de 50% cette année pour le vélo de montagne et ça a très bon pour le canot et la randonnée, poursuit M. Asselin. Nous avons été dans les privilégiés avec souvent plus de 1000 personnes le samedi. Et il ne reste que 15 jours à la saison.»
Le directeur général rappelle que son centre demeure ouvert. «Ça n’empêche pas les gens de Portneuf de venir ou ceux des zones qui ne sont pas rouges comme la Mauricie.»
«On demande à notre clientèle de respecter ce que le gouvernement nous demande de respecter. On ne jouera pas à la police, mais si on voit qu’il y a trop de gens des zones rouges en fin de semaine, on va fermer le week-end suivant. On va rappeler chacun des clients (des zones rouges) qui ont fait des locations de chalets, de canots ou de vélo pour annuler», a conclu M. Asselin.
Saint-Raymond n’est pas fermée
«C’est une décision corporative qu’ils ont pris et je la respecte, pour la sécurité des clients, de leurs employés et de notre population. On a eu un gros engouement tout l’été pour le plein air, mais avec les couleurs en fin de semaine dernière (pour eux) ça a été le summum», a réagi le maire de Saint-Raymond, Daniel Dion, à l’annonce de la Vallée du Bras-du-Nord.
«Mais notre région n’est pas fermée, loin de là. Nous sommes une grosse région de villégiateurs. Nous sommes l’accès à la zec Batiscan-Neilson, aux territoires non organisés. Je m’en remets au jugement des gens. Mais j’insiste qu’il faut respecter les consignes», estime M. Dion, qui n’entend lancer un appel aux gens des zones rouges à éviter sa ville s’ils suivent les mesures sanitaires.
«Des policiers m’ont dit qu’ils n’étaient pas contents de la fermeture des bars. C’est plus facile d’y contrôler les gens que dans un chalet à une heure de route. Ce qu’il faut éviter, c’est que les gens se retrouvent à 10 à fêter dans un chalet. Mais une famille qui a réservé un chalet ou des gens qui viennent à la chasse sur un territoire qui leur est réservé, il faut respecter cela», pense l’élu.
«S’il faut beau comme la fin de semaine dernière, on va avoir encore plein de gens de passage. Avec les feuilles c’est tellement beau. Les gens font des ballades. Il y avait du monde c’est l’enfer chez Ti-Oui (casse-croûte) et à la fromagerie (Alexis de Portneuf). Je ne sais pas comment on a eu de motos. Tu prends ton auto et tu te promènes. C’est devenu un sport national et Portneuf est populaire pour ça. On ne peut rien y faire», constate Daniel Dion.
Parc régional
Le Parc naturel régional de Portneuf, qui attire aussi son lot de visiteurs de l’extérieure de ce territoire, demande aux gens de respecter les consignes gouvernementales, sans aller pour le moment jusqu’à annuler les réservations provenant de résidents de zones rouges.
«On est en train de réfléchir à cela. On va voir comment la situation évolue et comment les gens se comportent. Nous n’encourageons pas les gens (des zones rouges) à venir, mais c’est difficile de l’interdire», explique le directeur général Sébastien Perreault.
La ruée pour le plein air s’est aussi fait sentir à cet endroit.
«Nous avons eu une croissance de 24% de nos ventes même sans une de nos activités les plus importantes, la visite de la grotte le Trou-du-diable, ainsi que la visite de la centrale électrique et le camp de jour pour les jeunes, en raison des règles sanitaires», a précisé M. Perreault.