Zegras à Montréal: un ancien recruteur en chef des Ducks se prononce


Nicolas Cloutier
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Des experts à Montréal ne toucheraient pas à Trevor Zegras avec la proverbiale perche de 20 pieds, prétextant des problèmes d’attitude. L’ancien recruteur en chef des Ducks d’Anaheim, Alain Chainey, s’étonne que l’on puisse cracher ainsi sur un jeune joueur aussi talentueux.
«Tu le mets en avantage numérique avec le CH, Zegras, penses-tu qu’il ne sera pas bon?!» s’est exclamé l’homme de hockey au bout du fil.
Chainey n’a pas repêché Zegras. Il ne travaille plus pour la formation californienne depuis 2012. N’empêche, il connaît très bien le personnel en place à Anaheim et il garde toujours un œil sur ses Ducks.
«Les jeunes changent, évoluent, prennent de la maturité et deviennent des leaders par la suite, a souligné Chainey. Il ne faut pas penser que Corey Perry et Ryan Getzlaf avaient énormément de maturité quand on les a repêchés. Et Getzlaf est devenu un capitaine extraordinaire. Ça prend du temps, arriver à pleine maturité dans la Ligue nationale. Il faut toujours être patient, il faut se donner pratiquement cinq ans.»
En raison de son amour pour les caméras et les manœuvres extravagantes, Zegras a hérité d’une réputation peu enviable à travers la Ligue nationale. Les autres équipes n’aiment pas ses fantaisies et ses «Michigan» et elles se donnent un malin plaisir à le rudoyer.
«C’est un joueur qui aime démontrer toutes ses habiletés extraordinaires sur la patinoire. Ça peut déplaire à bien du monde, ça», a reconnu Chainey.
Cela n’en fait pas pour autant un joueur irrécupérable.
«Au fil des années, comme tout le monde dans une société, les jeunes vieillissent et deviennent moins fou-fou, a noté l’ancien recruteur. Il faut faire attention avec les jeunes en pensant: "Ah, c’est une tête folle." Je regarde un peu ce que les coéquipiers de Zegras disent. Ils ne le considèrent pas comme un écervelé.»
À trop gratter le bobo et se concentrer sur les drapeaux rouges dans le dossier Zegras, on tend à oublier les qualités qui ont convaincu les Ducks de le repêcher au neuvième rang en 2019 et qui lui ont permis de réussir deux saisons de 60 points à un très jeune âge.
«Le talent lui sort par les oreilles, s’est émerveillé Chainey. Il passe la rondelle, il a une vision exceptionnelle. Sur l’attaque à cinq à Montréal, il leur mettrait ça sur le "tape", c’est sûr, là. T’aurais Nick Suzuki et Zegras, ça ferait des flammèches à quelque part.»
Les Canadiens ont eu des discussions avec les Ducks au sujet de Zegras par le passé, mais leur intérêt réel est difficile à mesurer. L’homologue de Kent Hughes, Pat Verbeek, serait gourmand et il exigera sans doute en retour un défenseur de la trempe de Kaiden Guhle.
Les performances décevantes de Zegras au Championnat mondial de hockey dans les couleurs des États-Unis (seulement un but et une aide en huit matchs) placent toutefois les Ducks dans une situation défavorable à l’heure actuelle. Le tournoi était censé mousser la valeur de Zegras et il a eu l’effet contraire.
Zegras est un très bon ami de Cole Caufield, qu’il a côtoyé au sein du programme de développement américain. Durant le Championnat mondial, Zegras a également été aperçu en train d’avoir des échanges très cordiaux avec Juraj Slafkovsky.