Yankees-Dodgers: les meilleurs contre les meilleurs


Marc de Foy
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La prochaine Série mondiale entre les Yankees et les Dodgers ne plaira pas à tous. Pour ceux à qui les salaires du baseball donnent des nausées, ce ne sera qu’une démonstration du mercantilisme déployé par les équipes riches.
Pourtant, les Yankees et les Dodgers en seront à leur premier face-à-face dans la traditionnelle classique automnale depuis 1981. Année qui donne encore les bleus aux éternels amoureux de nos défunts Expos. Car si Rick Monday n’avait pas frappé ce satané circuit au Stade olympique, ce sont les Expos qui auraient affronté les Yankees en Série mondiale, cette année-là.
Les Expos ont raté un autre rendez-vous potentiel avec les Yankees en 1994. Lors du déclenchement de la grève des joueurs, le 12 août, nos z’amours dominaient les ligues majeures avec une fiche de 34 matchs supérieurs à ,500.
Pensez-y, ce n’est pas rien!
Les Yankees, pour leur part, présentaient le meilleur dossier de la Ligue américaine. C’était comme si les Expos n’étaient pas dus pour affronter les Yankees dans la grande finale de fin de saison du baseball.
L’Amérique contre le Japon
Mais oublions le passé et pensons à l’affrontement Yankees-Dodgers, qui se mettra en branle vendredi à Los Angeles. Pour l’industrie du baseball, une telle série est comme un cadeau tombé du ciel. New York et Los Angeles constituent les deux plus grands marchés de télévision en Amérique du Nord. Les cotes d’écoute seront tout aussi élevées au Japon, où la population voudra suivre les faits et gestes de son héros national, Shohei Ohtani.
Ce seront les meilleurs contre les meilleurs!
Les Yankees, dans l’Américaine, et les Dodgers, dans la Nationale, forment les deux plus grandes traditions du baseball. Leur stade ne porte pas le nom d’entreprise. Le Dodger Stadium et le Yankee Stadium font baseball.
Le jeu des comparaisons sera fertile à souhait pour les amateurs qui paieront le gros prix pour assister aux matchs et les téléspectateurs qui seront assis confortablement devant leur télévision, les deux pieds sur le pouf.
Ce sera Shohei Ohtani, dit «Showtime», contre Aaron Judge, alias «The Judge». Ça équivaudra à un affrontement entre le Japon et l’Amérique.
Ce sera Juan Soto, dit «La Fiera» pour «la Bête», contre Mookie Betts, surnommé «Mookie Bats».
Ce sera Giancarlo Stanton, dit «Bigfoot», contre Teoscar Hernandez, surnommé «Mr. Seeds» pour son habitude de déverser des graines de tournesol sur la tête d’un coéquipier qui vient de frapper un circuit important.
Qui l’emportera?
Ces cogneurs risquent d’en faire voir de toutes les couleurs aux lanceurs. Les Dodgers ont inscrit 46 points en six matchs contre les Mets en série de championnat de la Ligue nationale, un record du circuit. En saison régulière, ces mêmes Dodgers ont terminé deuxièmes, derrière les Diamondbacks de l’Arizona, au chapitre de la moyenne de points comptés par match (5,27).
En troisième position, on retrouve les Yankees avec une moyenne de 5,02.
Et, maintenant, puisqu’il le faut, je me lance à l’eau. J’avouerai avoir un penchant pour les Yankees. Une affaire de cœur qui remonte à ma tendre jeunesse.
Pour ce qui est de la logique, j’ai discuté avec mon collègue Rodger Brulotte, qui peut parler de tous les joueurs ayant joué dans les majeures depuis les années 1900, de Ty Cobb à Ohtani en passant par Babe Ruth, Jackie Robinson et Pete Rose. Rodger était copain-copain avec chacun d’entre eux. Ça vous donne une idée de son âge.
Selon lui, les Dodgers vont triompher.
«Les Dodgers ont plus de profondeur à l’attaque, analyse Rodger.
«Ils misent sur Ohtani, Betts et Hernandez, mais après eux, il y a encore Freddie Freeman [qui est toutefois blessé], Kiké Hernandez, Max Muncy et Will Smith.»
Ça fait beaucoup de monde capable de frapper la longue balle.
Du côté des Yankees, après le trio Judge-Soto-Stanton, Gleyber Torres, Alex Verdugo et Anthony Volpe peuvent être des frappeurs menaçants.
Rodger estime que la série se jouera chez les lanceurs.
«Les Dodgers peuvent aller jusqu’à recourir aux services de cinq bons releveurs, signale-t-il.
«Les Yankees n’ont pas de stoppeur», ajoute-t-il.
Où es-tu, Mariano Rivera, quand on a besoin de toi? Il les aurait mis dans sa poche, les frappeurs des Dodgers!
Une série Yankees-Dodgers, c’est ce que ça donne. Les émotions seront au plafond pour cette Série mondiale. Les joueurs des Yankees vont passer un mauvais quart d’heure au Dodger Stadium et vice-versa pour les joueurs des Dodgers au Yankee Stadium.
Que les meilleurs gagnent!