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Y a-t-il un vent de panique à Québec?

Capture d'écran TVA Nouvelles
Photo portrait de Denise Bombardier

Denise Bombardier

2021-02-13T10:00:00Z

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Que le ministre de la Santé Christian Dubé se présente jeudi au point de presse en portant deux masques n’est pas innocent. À l’évidence – et il ne s’en cache pas –, il craint pour sa propre santé.

Le ministre de la Santé est donc plus catholique que le pape, comme on disait dans les temps reculés du règne de l’Église québécoise. Il faut en conclure qu’il est plus inquiet de son premier ministre et qu’il préfère les recommandations du célèbre Dr Anthony Fauci, conseiller du président Biden, à celles du Dr Horacio Arruda.

Le directeur national de santé publique, comme dans le passé quand il refusait de répondre à des questions des médias, a déclaré jeudi qu’il allait étudier la question des deux masques avec ses experts. Ce que l’on sait à travers les branches, c’est qu’un vent de panique soufflerait à Québec à cause des fameux variants qui sont entrés au Canada et au Québec avec des voyageurs venus de l’étranger.

Divergences

Ce geste fort du ministre Dubé aurait-il pu exister sans l’accord du premier ministre Legault ? Ce serait étonnant, mais il est vrai que les opinions divergent entre spécialistes, avec comme conséquence ces doutes sur le bien-fondé des mesures actuelles chez les citoyens et pas seulement parmi les antivaccins et autres complotistes.

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Cependant, il semble y avoir une sagesse chez une majorité de Québécois face aux directives gouvernementales. Mais plus la pandémie se poursuit, plus les gens expriment des critiques à l’endroit du premier ministre Legault, qui aurait dû poser tel geste ou bien adopter telle mesure. Cela indique le niveau d’anxiété dans la population.

Ceux qui, dans le contexte actuel, exigent diverses enquêtes publiques sont d’abord les partis d’opposition, qui doivent faire preuve de beaucoup de prudence. Car l’état d’esprit moyen des Québécois est de plus en plus fragile. Dans les récents sondages, les citoyens persistent à appuyer François Legault.

Il serait intolérable que le Québec s’offre un psychodrame où, à chaque décision prise par nos autorités, nous assistions à des déchirements entre experts, voire entre faux experts illuminés.

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Lacunes

À ce jour, la gouvernance québécoise a tenu le coup. François Legault s’est parfois excusé, a reconnu des erreurs et surtout a assumé sa part de responsabilité dans l’insoutenable tragédie des CHSLD.

Le gouvernement Legault possède des pouvoirs limités dans cette crise. Ainsi, il n’est pas en mesure de régler la question des vaccins ni d’intervenir sur les frontières. 

Dans l’ensemble, le Québec est dirigé par des gens de bonne foi, y inclus les députés de tous les partis d’opposition. Les fanfarons de tous genres ont été limités dans leur délire. 

Il n’y a pas lieu de surdramatiser la situation. À cette étape si cruciale, ceux qui nous gouvernent doivent recevoir notre appui. Malgré nos réserves et malgré nos allégeances politiques. François Legault ne peut pas paniquer, et ceux qui le conseillent non plus. Ils doivent réserver leurs forces et leur énergie à rassurer la population. Le geste du ministre de la Santé démontre en fait qu’il n’y a pas qu’une manière de se protéger et de respecter les consignes. Mettre deux masques est aussi une bonne idée. 

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