Florence Longpré, Xavier Dolan et Charlotte Le Bon se joignent au mouvement de boycott des institutions cinématographiques israéliennes


Maxime Demers
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Florence Longpré, Xavier Dolan et Charlotte Le Bon ont rejoint la longue liste de personnalités du cinéma international qui se sont engagées à ne plus travailler avec des institutions cinématographiques israéliennes, qu’ils accusent d’être «impliquées dans le génocide» à Gaza.
Lancé lundi passé avec la publication d’une lettre signée par quelques 1500 acteurs, réalisateurs et professionnels du cinéma (dont Javier Bardem, Mark Ruffalo et Olivia Colman), le mouvement n’a cessé de prendre de l’ampleur cette semaine et compte désormais plus de 4000 signataires.
«En ce moment de crise où nombre de nos gouvernements autorisent le carnage à Gaza, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour répondre à cette complicité», ont écrit les signataires de la lettre, publiée lundi dans le journal The Guardian.
Cet engagement, à l'initiative du groupe Film Workers for Palestine, s'inspire du boycott culturel en Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid, et notamment de «Filmmakers United Against Apartheid» («Les cinéastes unis contre l'apartheid»).
Il vise, concrètement, à cesser de collaborer avec des festivals, cinémas, diffuseurs et société de production coupables selon les signataires de «disculper ou justifier le génocide et l'apartheid».
Ils citent par exemple le festival du film de Jérusalem ou celui de documentaires Docaviv, qui «continuent de collaborer avec le gouvernement israélien».
«La grande majorité des sociétés israéliennes de production et de distribution cinématographiques, des agents commerciaux, des cinémas et autres institutions cinématographiques n'ont jamais reconnu les droits internationaux reconnus du peuple palestinien dans leur intégralité», dénoncent-ils.
Appel des cinéastes palestiniens
Ils ajoutent qu'«il existe cependant quelques entités cinématographiques israéliennes qui ne sont pas complices», sans les nommer.
«Nous répondons à l'appel des cinéastes palestiniens, qui ont exhorté l'industrie cinématographique internationale à refuser le silence, le racisme et la déshumanisation».
Cet appel au boycott cible «la complicité institutionnelle, pas l'identité», ni les individus de nationalité israélienne, précise la tribune.

Plusieurs lettres signées par des personnalités du cinéma, de la musique ou de la littérature ont été publiées depuis l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël et l'offensive dévastatrice israélienne lancée à Gaza en riposte.
Fin août, le collectif de cinéastes italiens Venice4Palestine avait exhorté le festival de la ville à «adopter une position claire et sans ambiguïté» contre les actions d'Israël, leur lettre récoltant 2.000 signatures dont celles de Guillermo del Toro ou Ken Loach.
Quelques mois plus tôt à Cannes, quelque 900 personnalités avaient signé une pétition pour dénoncer le «silence» sur le «génocide» à Gaza, dont la présidente du jury Juliette Binoche, Pedro Almodovar, Joaquin Phoenix ou Susan Sarandon.
L'attaque du 7 octobre 2023, menée par commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël, a entraîné la mort de 1 219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.
Les représailles israéliennes ont fait au moins 64 368 morts à Gaza, en majorité des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, mais dont les données sont jugées fiables par l'ONU.
- Avec l'Agence France-Presse