Wyatt Johnston, le Québécois d’adoption


Félix Séguin, TVA Sports
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L’an dernier, lors des séries éliminatoires, Wyatt Johnston, des Stars de Dallas, a donné ses premières entrevues en français. Il y a quelque temps, j’ai pu discuter avec lui afin qu’il m’explique pourquoi il parle français. Pendant une dizaine de minutes, il a répondu généreusement à mes questions dans un français qui ressemble à celui de Paul Byron, l’ancien joueur des Canadiens de Montréal.
Johnston m’a raconté que c’est son grand-père maternel qui a déménagé au Québec à l’âge de 15 ans. Il a ajouté que sa mère est née et a grandi à Mont-Saint-Hilaire, une ville située à une quarantaine de kilomètres à l’est de Montréal.
Wyatt, lui, a vu le jour à Toronto. Cependant, ses grands-parents ont vécu longtemps à Mont-Saint-Hilaire avant de déménager à Knowlton, en Estrie. Ceux-ci avaient aussi un chalet sur le bord du lac Memphrémagog.
«Quand j’étais plus jeune, j’allais souvent visiter, en été comme en hiver, mes grands-parents en Estrie. J’allais notamment faire du ski à Owl’s Head durant la semaine de relâche», m’a-t-il dit.
Selon Johnston, sa mère se faisait un devoir que ses trois enfants parlent français même si la famille habitait à Toronto. «Ma mère voulait que ma sœur, mon frère et moi apprenions le français à l’école. Nous étions donc dans le volet immersion française. C’est là où j’ai appris à parler français. Cela fait maintenant cinq ans. Depuis, je ne pratique pas aussi souvent que je le voudrais», a-t-il précisé sur un ton très poli et respectueux.
Ses connaissances de la langue française demeurent encore méconnues à travers la Ligue nationale. Ce fut le cas pour son coéquipier chez les Stars Mavrik Bourque. «Mavrik a été surpris la première fois que je lui ai parlé en français. J’essaie de communiquer avec lui en français afin de me permettre de pratiquer.»
Âgé de 21 ans, Johnston dispute sa troisième campagne avec les Stars. L’an passé, il a impressionné avec 32 buts en saison régulière et 10 autres en séries éliminatoires. Quand je lui ai parlé de ses succès obtenus l’an dernier, Johnston est demeuré humble. «Je suis encore jeune. Je cherche toujours à m’améliorer et je veux avoir une meilleure connaissance du jeu. Je cherche de toutes les façons possibles à aider mon équipe», m’a-t-il indiqué avec beaucoup de maturité.
Meilleur pointeur de la Ligue junior de l’Ontario en 2022, Johnston est aussi reconnu pour être un joueur fiable et responsable. D’ailleurs, son entraîneur-chef chez les Stars, Peter DeBoer, l’a déjà comparé à Patrice Bergeron lorsque celui-ci était en début de carrière.
«C’est très flatteur. Quand j’étais plus jeune, j’aimais beaucoup regarder Patrice à la télévision. Je veux être un joueur efficace dans les deux sens de la patinoire. J’essaie d’être bon partout, d’être responsable et d’être encore meilleur dans la zone défensive. J’ai appris l’importance de bien jouer défensivement. C’est importance dans la LNH.»
Wyatt Johnston est rapidement devenu un élément important dans les succès des Stars de Dallas qui sont, encore cette année, dans la course pour gagner la coupe Stanley. Ils ont atteint la finale de l’Association de l’Ouest lors des deux dernières saisons. «Nous voulons apprendre des leçons du passé», m’a affirmé sagement Johnston.