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Wimbledon retire enfin sa règle qui forçait certaines joueuses à prendre la pilule contraceptive en raison de leurs sous-vêtements blancs

«L'an dernier, j'ai pris la pilule pour éviter toute gêne», raconte une joueuse britannique

Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-07-01T12:10:21Z

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LONDRES | Heather Watson a pris la pilule contraceptive l’an dernier à Wimbledon. La joueuse britannique savait qu’elle serait menstruée durant l’épreuve et voulait éviter de tacher de sang ses sous-vêtements blancs, qui font depuis toujours partie du code vestimentaire strict du prestigieux tournoi et qui sont souvent très visibles sous les robes, elles aussi blanches.

«On court sur le terrain, on sue, on fait le grand écart...» a soulevé la 149e joueuse mondiale en entrevue à la chaîne britannique Sky.

Heather Watson.
Heather Watson. Photo d'archives

Cette année toutefois, nul besoin pour les joueuses de se médicamenter afin d’éviter des taches indésirables. Wimbledon a décidé d’alléger ses règles vestimentaires pour les femmes. Elles pourront porter des shorts ou des sous-vêtements foncés si elles le souhaitent. 

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Une petite révolution dans l’enceinte la plus puriste du tennis. 

Quand Agassi avait boycotté Wimbledon

Cette règle des vêtements tout blancs au All England Club, elle date des années 1880, explique l’encyclopédie Britannica

À l’époque, toute marque de sueur sur les vêtements était considérée comme malpropre. Les organisateurs du plus ancien des tournois du Grand Chelem ont donc demandé aux joueurs de s’habiller tout de blanc, puisque les traces de transpirations sont moins visibles sur les tenues de cette couleur.

Mais même avant que de plus en plus de joueuses se plaignent de l’anxiété causée par le fait de jouer en blanc durant leurs menstruations, la règle stricte avait soulevé la polémique. 

L’Américain Andre Agassi a d’ailleurs boycotté le tournoi durant trois ans, entre 1988 et 1990, puisqu’il se disait plus à l’aise de jouer dans les vêtements très colorés qu’il portait habituellement (à cette époque, Agassi arborait souvent des ensembles néon et une imposante coupe Longueuil).

Andre Agassi en 1991, à Roland-Garros.
Andre Agassi en 1991, à Roland-Garros. Photo AFP

«L’arbitre me l’avait mentionné»

Heather Watson n’est pas la seule joueuse à être soulagée par l’assouplissement des règles à Wimbledon. L’Américaine Coco Gauff, septième mondiale, a raconté à Sky qu’il lui était déjà arrivé par le passé de tacher ses vêtements durant ses menstruations lors d’un tournoi.

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«Par chance, l’arbitre me l’avait mentionné avant que qui que ce soit le remarque. Mais [cette décision], elle fait une grande différence, a affirmé la jeune joueuse. Je suis heureuse que l’on en parle, parce que nous sommes concernées. Je suis aussi heureuse qu’il ne s’agisse plus d’un sujet tabou.»

«Plusieurs filles avaient des inquiétudes, a aussi pointé la Canadienne Bianca Andreescu, samedi. Ça fera une différence énorme. On ne sait jamais quel type de saignements on va avoir, à quel point ils seront abondants. Et s'ils le sont trop, bien... on se retrouve exposé en portant du blanc.»

Andreescu a décrit ce changement comme une excellente nouvelle pour les joueuses de tennis, mais aussi, comme une avancée pour «tous les sports féminins», qui pourront s'en inspirer. 

«C'est énorme, car les femmes n'ont pas les mêmes réalités que les hommes», a-t-elle relevé. 

«On n'aura plus à penser à cela»

La Québécoise Leylah Fernandez, elle, estimait qu'il s'agissait d'une «bonne option pour les femmes». 

«Ça nous donne de la confiance, a pointé la jeune joueuse. Parfois [quand je suis menstruée], je dois demander conseil à ma mère ou à ma soeur, à savoir si telle ou telle couleur est préférable. Ça fera en sorte qu'on n'aura plus à penser à cela durant les matchs.» 

«On n'aura qu'à penser à ce que l'on doit accomplir sur le terrain.»

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