Washington sanctionne deux Russes pour ingérence dans les élections américaines

Agence France-Presse
Partager
Les États-Unis ont annoncé vendredi des sanctions contre deux Russes accusés de désinformation et d'ingérence dans les élections américaines, et notamment d'avoir financé de la propagande prorusse et soutenu un candidat à un poste de gouverneur.
«Les personnes et entités désignées aujourd'hui ont joué divers rôles dans les tentatives de la Russie de manipuler et de déstabiliser les États unis et leurs alliés et partenaires, dont l'Ukraine», a précisé le département américain du Trésor dans un communiqué.
«Les élections libres et équitables sont un pilier de la démocratie américaine qui doit être protégé de toute influence extérieure», a déclaré le sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier, Brian Nelson, cité dans ce communiqué.
Ces sanctions sont distinctes de celles prises par Washington et ses alliés contre la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine en février.
Est notamment visé Aleksandr Ionov, qui a par ailleurs été inculpé par la justice américaine pour «complot en vue de recruter des agents au service de la Russie».
Le Moscovite est accusé d'avoir, entre 2014 et 2022, «recruté des groupes politiques» en Floride, Géorgie, et Californie, sous la supervision des services de renseignement russes (FSB) et avec le soutien du Kremlin, d'après un communiqué du ministère américain de la Justice.
«Ionov a fourni un soutien financier à ces groupes, leur a ordonné de publier de la propagande prorusse, a coordonné et financé l'action directe de ces groupes aux États-Unis pour promouvoir les intérêts russes et a coordonné la couverture de cette activité dans les médias russes», est-il détaillé.
Il lui est aussi reproché d'avoir collaboré avec une opération déjà sanctionnée par Washington pour ingérence dans l'élection présidentielle américaine de 2016, cette fois «sur la faisabilité de soutenir directement un candidat lors d'une élection au poste de gouverneur» en 2022, détaille le Trésor.
«Mi-2021, Ionov s'est efforcé de diffuser et promouvoir la désinformation qui influencerait le processus électoral américain et exacerberait la division sociopolitique au sein des États unis», est-il précisé.
Il est président et fondateur du Mouvement russe antimondialisation, ainsi que de Ionov Transkontinental et du site web STOP-Imperialism, «qui se présente comme une +agence d'information mondiale+», en anglais et en russe, souligne le Trésor. Ces trois entités sont également visées par les sanctions économiques.
Les États-Unis ont aussi ciblé Natalya Burlinova, et son «Centre de Soutien et de Développement de la Diplomatie Créative d'Initiative Publique», ou Picreadi, qui «dépend du financement de l'État (russe)», indique le Trésor.
Ces sanctions bloquent les avoirs et propriétés aux États-Unis des personnes et entités visées.