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Washington perd patience envers ses alliés européens

MEGA/WENN

AFP

2026-05-30T14:48:38Z

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Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, s’en est de nouveau pris samedi aux alliés européens de Washington, leur reprochant d’avoir « trop longtemps » ignoré les appels à renforcer leur défense et les invitant à s’abstenir de « faire la morale ».

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Le dirigeant américain a prévenu que d’« importantes décisions » allaient être prises pour la sécurité en Europe. Il a profité de sa tribune au Dialogue de Shangri-La, une conférence de défense à Singapour, pour lancer cet avertissement à ses alliés.

Il y a loué les pays asiatiques qui, selon lui, « ont depuis longtemps compris que le socle d’un partenariat durable ne repose pas sur des valeurs idéalistes, mais sur un alignement concret des intérêts nationaux ».

« Lorsque nos intérêts convergent, nous agissons ensemble avec détermination. Lorsque nos intérêts divergent, nous nous adaptons avec pragmatisme, sans drame et sans faire la morale. Je pense que l’Europe occidentale pourrait s’en inspirer », a-t-il déclaré.

Reprenant la position très critique de l’administration Trump envers les Européens, M. Hegseth a reproché à ces derniers d’avoir longtemps tenu « une rhétorique mondialiste creuse au sujet d’un ordre international fondé sur des règles pendant que les capitales européennes ouvraient grand leurs frontières et vidaient leurs armées de leur substance ».

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Donald Trump exige depuis longtemps que les Européens assument une part accrue de leur sécurité. Sa volonté de réduire la présence militaire américaine sur le Vieux Continent est d’ailleurs revenue au cœur des discussions ces dernières semaines, face au refus de l’Europe de soutenir sa guerre contre l’Iran.

« L’Europe et l’OTAN ont d’importantes décisions à prendre et vous en saurez plus bientôt », a dit samedi Hegseth. « Pendant trop longtemps, les appels polis à nos alliés européens pour qu’ils dépensent davantage pour leur propre défense sont restés lettre morte », a-t-il regretté.

« Ils sont enfin en train de rattraper leur retard. »

Sous la pression de Donald Trump, l’OTAN s’est fixé l’an dernier comme objectif d’investir collectivement 5 % du PIB de ses membres dans la défense, mais la plupart des pays concernés en sont encore très loin.

Invitée à réagir aux propos de Pete Hegseth, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, présente au Dialogue de Shangri-La, a rappelé qu’elle portera mardi au Sénat le texte d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM). « En dix ans, [...] nous aurons doublé le budget de la Défense. C’est dire si nous sommes engagés dans cette démarche de réarmement », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Lorsqu’on lui a demandé si, avec ces propos de Pete Hegseth et la guerre américaine contre l’Iran, les États-Unis étaient toujours un allié fiable de la France, elle a indiqué qu’il y avait « 250 ans d’histoire » entre les deux pays.

« Entre la France et les États-Unis, nous sommes alliés, nous ne sommes pas toujours alignés. [...] Ça n’empêche pas de discuter, ça n’empêche pas de travailler », a-t-elle souligné.

Lors d’une récente réunion de l’OTAN en Suède, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a confirmé aux Européens qu’ils devraient apprendre à vivre avec moins de soldats américains.

Il a indiqué qu’un ajustement serait prochainement annoncé concernant ce que certains au sein de l’Alliance appellent « la cavalerie », le vivier de forces mobilisables dans les 180 jours en cas de nécessité.

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