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Washington et Pékin doivent maintenir une communication directe et ouverte

AFP

Agence France Presse

2024-04-07T06:14:24Z

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Les relations sino-américaines ne peuvent progresser que par le biais d’une communication directe et ouverte, a estimé dimanche la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, lors d’un entretien à Pékin avec le premier ministre chinois Li Qiang.

La visite de Mme Yellen, sa deuxième en Chine en un an, survient au moment où Washington et Pékin s’opposent sur nombre de sujets, dont l’accès aux technologies de pointe, l’avenir de Taïwan ou encore l’application TikTok, menacée d’interdiction aux États-Unis.

«Bien qu’il nous reste beaucoup à faire, je pense qu’au cours de l’année écoulée, nous avons stabilisé notre relation», a déclaré Mme Yellen, reçue par le premier ministre chinois au Palais du peuple qui donne sur la place Tiananmen.

«Nous avons compris que nous ne pouvons progresser que si nous communiquons directement et ouvertement l’un avec l’autre», a souligné la secrétaire américaine au Trésor.

Le premier ministre chinois a pour sa part dit à son interlocutrice souhaiter que les États-Unis et la Chine puissent être des «partenaires, pas des adversaires».

Janet Yellen est arrivée à Pékin samedi soir depuis Canton (sud), après une série de réunions. 

«Croissance équilibrée»

À Canton, la secrétaire au Trésor s’est entretenue avec le vice-premier ministre chinois He Lifeng. Washington et Pékin ont convenu d’avoir des «échanges intensifs sur une croissance équilibrée», a indiqué le Trésor américain dans un communiqué.

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Les États-Unis craignent que les subventions massives injectées par le gouvernement chinois dans les technologies, les énergies vertes, les véhicules électriques ou encore les batteries, n’inondent le marché mondial de produits à moindre coût, mettant ainsi en difficulté les entreprises de ces secteurs hors de Chine.

Mme Yellen avait affirmé vendredi que les subventions versées par Pékin à l’industrie représentaient «un risque pour la résilience économique mondiale», en créant une «surcapacité» de production.

Selon elle, les deux premières économies au monde ont le devoir de «gérer [leur] relation de manière responsable», notamment face à des défis globaux.

Samedi, Washington a ainsi annoncé que des responsables chinois et américains allaient entamer des discussions à propos de la coopération contre le blanchiment d’argent.

L’objectif est de couper le financement notamment des trafiquants de drogue, au moment où les États-Unis comptent sur la Chine pour enrayer la crise du fentanyl, puissant opiacé de synthèse utilisé dans le milieu médical, mais dont l’usage peut être détourné comme drogue.

Le fentanyl est responsable de plus de 70 000 décès par overdose chaque année aux États-Unis, selon les autorités américaines, principalement chez les 18-49 ans.

«Protectionnisme»

En dépit d’un dialogue sur ces questions économiques, les sujets de contentieux demeurent.

L’agence de presse officielle Chine nouvelle s’inquiète ainsi d’un «spectre du protectionnisme» aux États-Unis.

Et l’agence de fustiger les taxes américaines sur les véhicules électriques chinois qui, selon elle, sont destinées à «écarter» du marché des concurrents.

Au Global Times, quotidien au ton résolument nationaliste, on s’inquiète des restrictions américaines dans le secteur technologique, au moment où Washington complique les exportations de semi-conducteurs vers la Chine.

«La visite de Janet Yellen ouvre un espace pour tester la possibilité de faire des progrès», déclare à l’AFP Ryan Hass, spécialiste de la Chine dans le groupe de réflexion américain Brookings Institution.

Seul le temps dira si ces efforts se traduiront en progrès tangibles, a toutefois remarqué M. Hass.

Janet Yellen doit s’entretenir dimanche avec le ministre chinois des Finances Lan Fo'an.

Lundi, elle rencontrera l’ancien vice-premier ministre Liu He, ex-responsable des questions économiques, et le gouverneur de la banque centrale chinoise Pan Gongsheng.

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