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ACÉUM: Voici pourquoi le Mexique négocie avec les États-Unis mais pas le Canada, selon l’ambassadeur américain Jamieson Greer

Photo portrait de Olivier  Boivin

Olivier Boivin

2026-06-01T21:03:35Z

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Des désaccords « significatifs » sur certains enjeux ainsi que l’attitude d’Ottawa concernant les tarifs douaniers américains nuisent aux négociations du Canada concernant l’ACÉUM, selon le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer.

Lors d’un entretien organisé par le Council of Foreign Relations la semaine dernière, le négociateur américain a indiqué que des négociations bilatérales avaient débuté avec le Mexique, mais pas avec le Canada.

Trois séries de rencontres entre les représentants américains et mexicains ont d’ailleurs été annoncées la semaine dernière entre les deux pays.

« Notre avis est qu’avec le Canada, nous avons des défis que quelques personnes pourraient qualifier d’irritants, mais qui, pour nous, sont significatifs », a expliqué M. Greer mardi dernier dans le cadre d’une conversation organisée par le groupe de réflexion américain.

Ce dernier avance que, contrairement à la grande majorité des pays du monde ayant accepté de faire de concessions en échange d’apaisements tarifaires, le Canada a riposté aux États-Unis.

« Deux pays dans le monde ont répliqué contre nous, soit la République de Chine et le Canada, a-t-il dit. Ils ont une différente position et c’est difficile de voir nécessairement où cela se termine. »

Jamieson Greer convient cependant que ce ne sont pas tous les secteurs qui posent problème, mais répète que les enjeux qui demeurent en suspens sont importants.

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« Nous avons des échanges commerciaux concernant l’énergie, les minéraux et les engrais qui n’ont pas été affectés. Ce sont des secteurs où nous avons des bénéfices commerciaux communs, mais pour d’autres produits manufacturiers, nous avons des visions différentes », a-t-il avancé.

Le secteur automobile, notamment, demeure un point épineux, selon lui.

« Nous voulons les construire ici, a-t-il déclaré. Si vous voulez en vendre ici, vous devrez les construire ici. Je pense que sur certains de ces enjeux, ce sera une négociation difficile, mais dans d’autres secteurs de l’économie, c’est correct et ce sera correct. »

Différents objectifs avec le Mexique

Le représentant au commerce américain avance que les États-Unis ont entamé leurs négociations de l’ACÉUM avec le Mexique dans le but de remédier au déficit commercial du pays avec ses voisins du sud.

Le président américain a justifié la grande majorité de ses tarifs douaniers imposés au monde entier par les déficits commerciaux qu’avaient les États-Unis avec bon nombre d’entre eux.

« Le Mexique a été l’un des grands gagnants de la diversification de nos échanges commerciaux depuis la Chine et l’Asie, a-t-il expliqué. Même si le déficit commercial a diminué, la proportion de nos importations depuis le Mexique a augmenté. »

Il souhaite notamment qu’une plus forte proportion des biens produits au Mexique le soit avec des matériaux américains et que plus de produits soient faits aux États-Unis.

« Si nous voulons avoir une Amérique du Nord plus compétitive, je veux voir davantage de biens produits aux États-Unis, a-t-il mentionné. Je veux éviter les cas où les entreprises asiatiques à faible coût utilisent le Mexique ou le Canada comme hub d’exportation. »

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« Nous aurons des tarifs »

Le représentant américain a aussi indiqué au Council on Foreign Relations que même après une éventuelle renégociation de l’ACÉUM, les tarifs douaniers sont là pour rester, du moins d’ici la fin du mandat de Donald Trump.

« Même avec les pays comme le Mexique ou d’autres pays de notre hémisphère, nous allons avoir des tarifs. Je veux dire, peut-être que dans plusieurs années, quand tout sera résolu, peut-être que nous pourrions avoir une situation différente », a-t-il soutenu.

« Ma compréhension est que si on peut en venir à être en bons termes avec le Mexique et les autres pays de la région concernant les tarifs externes, ce sera plus facile de leur donner un traitement préférentiel », a-t-il ajouté.

L’Accord de libre-échange Canada - États-Unis - Mexique doit être révisé cet été afin que les pays déterminent si la date de fin du traité passera de 2036 à 2042.

Cependant, les États-Unis ont l’intention d’utiliser cette fenêtre d’opportunité pour renégocier certains éléments contenus dans l’accord.

Si aucun accord n’est trouvé, l’ACÉUM demeurerait en vigueur jusqu’en 2036.

Les États-Unis pourraient toutefois décider de se retirer de l’accord, mais devraient soumettre un préavis de six mois aux deux autres pays.

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