Voici pourquoi c’est une bonne idée pour la santé d’abolir le changement d’heure au Québec

Andrea Lubeck
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Le gouvernement du Québec a lancé, mardi, une consultation sur l’abolition du changement d’heure dans la province. Même si on gagne collectivement une heure de sommeil à l’automne, la pratique n’est pas sans conséquences pour le corps humain. On vous explique.
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La tradition de reculer l’heure à l’automne et de l’avancer au printemps date d’il y a plus d’une centaine d’années. Elle tire ses origines d’Europe, où l'on pratiquait le rituel pour contribuer à l’effort de guerre en 1916.
La pratique est arrivée au Canada dans les années 1920, puis a été normalisée dans les années 1950. On compte toutefois deux exceptions: la Saskatchewan, qui reste à l’heure normale du Centre toute l’année, et le Yukon, qui a avancé son heure pour une dernière fois au printemps 2020.
De son côté, l’Ontario a adopté en 2020 une loi abolissant la pratique... qui n’entrera en vigueur que lorsque le Québec et l’État de New York feront de même.
Le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette a annoncé, mardi après-midi, lancer une consultation en ligne dans le but de consulter les Québécois sur le changement d’heure. En fonction des réponses, la CAQ pourrait pondre un projet de loi pour l’abolir.
Chez nos voisins du Sud, le Sénat américain a adopté à l’unanimité, en 2022, un projet de loi nommé «Sunshine Protection Act», visant à arrêter la pratique. Mais la Chambre des représentants ne l’a pas adopté et le président Joe Biden ne l’a pas signé.
Une nouvelle version du projet de loi n’a pas non plus passé l’étape du Congrès américain en 2023.
Débalancement du rythme circadien
«La littérature scientifique démontre que ça peut avoir des impacts désagréables pour le moins», indiquait en 2021 Roger Godbout, directeur du Laboratoire et clinique du sommeil à l’Hôpital en santé mentale Rivière-des-Prairies, au micro de QUB radio.
«Nous avons une horloge interne dans notre cerveau, qu’on appelle rythme circadien, qui se base sur différents stimuli pour se synchroniser. L’un des principaux stimuli dont dépend cette horloge est la lumière du soleil, plus particulièrement le matin», explique Guido Simonelli, professeur adjoint au Département de médecine et au Département de neurosciences de l’Université de Montréal.
Le changement d’heure peut ainsi déséquilibrer le rythme circadien, et cela peut notamment causer des troubles métaboliques et de santé mentale, poursuit le professeur.
Des études ont également permis d'observer une hausse du nombre d’accidents de la route lorsqu’on recule l’heure. Les chercheurs croient que la fatigue et la noirceur plus hâtive seraient en cause.
Selon une étude, un bond de 10% des diagnostics de dépression serait enregistré dans la semaine suivant le changement d’heure. Les scientifiques, toutefois, ne peuvent pas conclure qu’il y ait un lien direct entre ce phénomène et le changement d’heure.