Quand un joueur se met lui-même sous contrat... Voici l’homme à tout faire des Capitales!
Mathieu Sirois vit le rêve sur le terrain tout en aidant à l’administration


Stéphane Cadorette
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Mathieu Sirois n’a joué que 23 matchs avec les Capitales, mais il appartient déjà à une catégorie rare. Il est probablement le seul joueur dans l’histoire de l’équipe à s’être mis sous contrat lui-même.
L’ancien des Diamants de Québec, dans le baseball junior élite, est en train de devenir l’une des belles révélations chez les Capitales cette saison.
Le truc, c’est qu’à la base, le rôle qu’il occupe avec l’équipe depuis quelques mois est celui de coordonnateur aux opérations baseball. Dans les bureaux de l’organisation, il gère donc la paperasse contractuelle, la communication avec la ligue, les questions d’hébergement pour les joueurs et autres tâches connexes.
Depuis la pause du Match des étoiles à la mi-juillet, l’une de ces fameuses autres tâches connexes a été de revêtir l’uniforme, de saisir son bâton et de frapper la balle, depuis que le gérant Patrick Scalabrini lui a demandé de mettre un joueur sous contrat.
«Pat m’a fait patiner un peu. Il m’a dit: “Prépare le contrat de ton côté, envoie-le au joueur et signe de l’autre côté aussi.” J’ai compris entre les lignes que finalement, je me signais moi-même. Dans le baseball, ça doit être un cas assez particulier», a soulevé Sirois, avant un match au Stade Canac, face aux Aigles de Trois-Rivières.
Un vif succès

Incidemment, c’est face à ces mêmes Aigles, cette fois à Trois-Rivières il y a une semaine, que le joueur de 24 ans a vécu un grand frisson en s’offrant un grand chelem.
Ce n’était que l’un des nombreux moments improbables sur le terrain pour celui qui revendiquait 22 points produits en 23 rencontres, avant le duel de jeudi soir.
«Je trouvais ça un peu comique dans ma tête parce que j’ai quand même joué cinq ans dans le junior contre Trois-Rivières, et je n’avais jamais frappé un circuit là-bas. Les murs dans le champ sont très hauts et j’ai toujours eu l’impression que c’était impossible de sortir une balle de là. J’étais pas mal content de le faire», a-t-il souri.
Et dire que Sirois, qui présente une moyenne au bâton plus que respectable de ,265, était résigné à ne plus jouer au baseball avant d’obtenir son essai inattendu. Quelques blessures chez les Capitales lui ont ouvert une porte et, à son mérite, il a foncé dans la brèche pour s'y établir.
«Au moment où j’ai eu cette chance après le Match des étoiles, je n’y croyais plus. À partir de la mi-juin, j’avais mis mon focus sur autre chose. J’étais en paix avec le fait que c’était correct si ça n’arrivait pas. Je me disais que j’avais tout essayé», a-t-il confié.
Heureux dans les deux mondes
N’allez pas croire qu’une promotion dans l’alignement a fait en sorte que Sirois a délégué ses tâches administratives à d’autres.
Au contraire, celui qui sera bientôt diplômé en administration du sport à l’Université Bellevue, au Nebraska, ne cache pas que le fait de naviguer entre ses deux passions dans le baseball fait probablement de lui un meilleur joueur.
«Je me trouve chanceux d’être dans cette équipe, tant sur le terrain que dans les bureaux. Je dois me prendre des notes, parce que c’est facile après une soirée de 0 en 4 de complètement oublier ce que j’ai à faire côté administratif, mais ça m’aide en même temps à relativiser ce qui se passe sur le terrain.
«À la base, je suis un gars qui aime penser à autre chose que juste le baseball. Quand je focus trop sur les choses à faire sur le terrain, c’est là que je m’impose trop de pression. J’ai toujours trouvé qu’un petit niveau de distraction, c’est bon pour moi. Je me surprends même sur la route à analyser les promotions de demi-manches des autres clubs et à regarder comment ils fonctionnent sur le plan administratif», a-t-il lancé en riant.
Peu importe la suite des choses sur le terrain, personne ne pourra enlever à Sirois le fait qu’il a accédé à son rêve.
«C’est satisfaisant de savoir que je peux jouer pro parce que techniquement, avec seulement deux matchs l’an passé, il y avait comme un astérisque. Là, je peux cocher la case pour vrai.»