Voici la scène qui a ému aux larmes Maxim Gaudette dans «Mea culpa»
« Mea culpa » mardi 21h à ICI Télé
Nathalie Slight
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Dans Mea culpa, Maxim Gaudette réalise un véritable tour de force: il parvient non seulement à nous faire apprécier un meurtrier, mais aussi à nous faire croire — sincèrement — en la possibilité d’une deuxième chance. Le comédien insuffle à son personnage une humanité désarmante qui nous touche droit au cœur.
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En cette deuxième saison de Mea culpa, peux-tu nous parler de l'évolution de ton personnage?
Depuis que David est sorti de prison, il essaie de refaire sa vie. Comme il était difficile pour lui de ne pas croiser son ancien cercle d’amis, il a quitté Montréal pour aller vivre à Calgary. Là-bas, il tente tant bien que mal de retrouver une vie normale, mais il revient éventuellement au Québec.
Est-ce pour revoir Bérénice?
Sa relation avec Bérénice (Mélissa Désormeaux-Poulin) n’est effectivement pas terminée. C'est clairement la femme de sa vie, mais ce n’est pas pour elle qu’il revient. Il a eu une aventure avec la fille de ses anciens employeurs. Enceinte de lui, elle a abandonné son bébé dans un café.

Ce doit être tout un choc pour David, parce qu’il ignorait que son ex-copine était enceinte!
Effectivement, oui. C’est une chance inespérée que la vie lui offre, après avoir passé 25 ans en prison. Pour la scène où David rencontre pour la première fois son bébé, je n’ai pas eu grand-chose à jouer. Dès que j’ai eu le poupon dans mes bras, les larmes me sont montées aux yeux. Mes enfants sont grands maintenant, j’étais donc naturellement ému de tenir un petit bébé de trois mois dans mes bras, ça me remémorait des souvenirs.
Tournais-tu avec des jumeaux?
Non. La production a recours à des jumeaux pour des enfants un peu plus vieux, mais pour des bébés de quelques mois, une fois emmitouflés dans une petite couverture et avec un petit bonnet, on ne voit pas vraiment la différence. Il y avait donc deux duos maman-bébé sur le plateau. Au moment du tournage, le bébé le plus calme était choisi pour la scène.

Lors de la diffusion de la première saison de Mea culpa, nous t’avions demandé si tu croyais à la deuxième chance pour les ex-détenus et tu nous avais confié être en réflexion à ce sujet. Deux ans plus tard, que réponds-tu à cette question?
L’optimiste en moi aime croire qu'il faut donner une deuxième chance. Sinon, quelqu’un commet un crime, est jugé coupable, va en prison. Et après, qu'est-ce qu'il y a pour lui? Il ne peut pas travailler sur lui et aspirer à être un meilleur humain? C’est justement ce que je trouve intéressant avec le personnage de David Frazer. Oui, il a tué une femme, il a commis un geste atroce, impardonnable, mais ce n’est pas un récidiviste. Il a cheminé, il est conscient de ce qu’il a fait et veut, si possible, réparer ses erreurs.
Il est un bon candidat pour la justice réparatrice!
Ce qui est important de comprendre avec la justice réparatrice, c’est que ça ne mène pas nécessairement au pardon. La victime peut rencontrer celui ou celle qui lui a fait du tort, lui dire les impacts que cet acte a eus sur sa vie, dans le but d’avancer dans son processus d’acceptation, de guérison.
(Après réflexion, Maxim ajoute)
C’est entre autres pour ouvrir le dialogue sur des sujets peu connus comme la justice réparatrice que j’exerce le métier de comédien. Bravo à l’autrice Chantal Cadieux, qui montre toutes les nuances et la complexité de la réhabilitation. Au théâtre, je suis présentement en tournée avec Cinq balles dans la tête, qui traite de la réalité des militaires déployés en Afghanistan. Cette pièce nous brasse, nous fait réfléchir, provoque des discussions en s'adressant à la sensibilité et à l'intelligence des spectateurs.

Tu incarnais un personnage aimé de tous dans 5e rang et tu joues maintenant un criminel dans Mea culpa. Trouves-tu qu’il y a une différence sur le plateau?
Oui, quand même. Pas dans la façon dont les gens me traitent, mais c’est certain que je suis parfois plus en retrait. Par exemple, lors de la première saison, il y a une scène où mon personnage rencontre Rémi Duguay, son ancien ami qu’il a rendu tétraplégique il y a 25 ans.
Impossible de blaguer avec le comédien Dany Boudreault avant de tourner une scène aussi chargée en émotions!
C’est vrai. Mais attention, c'est nécessaire de s'amuser sur un plateau, même si on tourne une dramatique. On évacue les émotions de nos personnages en faisant des blagues; l’humour agit comme une soupape. Je connais Mélissa Desormeaux-Poulin depuis hyper longtemps, on a tourné ensemble dans le film Incendies, en 2010. À plusieurs reprises, lorsqu’on se croisait dans des événements, on se disait que ce serait le fun de retravailler ensemble. Ça s’est enfin concrétisé avec Mea culpa.

Sinon, lorsque tu ne tournes pas, quelles sont tes passions?
Je ne suis pas musicien, mais je suis mélomane. Comme tout le monde, j'écoute ma musique sur des plateformes numériques, mais je passe compulsivement d’une chanson à l’autre, sans vraiment m’imprégner de l’univers d’un artiste. Je préfère de loin l’analogique. D’ailleurs, je possède une collection de vinyles. Outre le son que je trouve plus authentique, j’aime le fait qu’avec une table tournante, on n’a pas le choix d’écouter l’entièreté d’un album.
Quel est le dernier vinyle que tu as acheté?
Les insomniaques s'amusent de Daniel Bélanger. Cet album m’avait particulièrement marqué, alors je le voulais dans ma collection. Je dois avoir pas loin de 700 vinyles chez moi. Sinon, j’achète autant des vinyles d’artistes récents que des albums de jazz ou de grands classiques des années 1970 et 1980.
As-tu déjà incarné un musicien?
Oui, dans le film Sans elle, du réalisateur Jean Beaudin, sorti en salle en 2006. Pour incarner un violoniste, j’ai suivi des ateliers avec un musicien professionnel. J’aime acquérir de nouvelles aptitudes pour camper un personnage, alors j’ai été gâté avec ce film, car c’est quelque chose d’apprendre à jouer d'un instrument. Juste dans la façon de tenir un violon, tu sais si la personne joue pour vrai ou non.
En terminant, ton amoureuse, Larissa Corriveau, incarne une espionne dans Les Armes. Nous l’avons récemment eue en entrevue et elle disait que vous vous aidiez mutuellement dans votre métier.
C’est vrai. On peut autant se donner un coup de main pour nos auditions que pour répéter nos textes. Au-delà du fait qu’elle partage ma vie, elle est une comédienne de grand talent. J’adore travailler avec elle et je peux avancer, sans trop me tromper, que ce sentiment est réciproque.