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Voici la plus grande leçon que Jérémy Demay a apprise avec sa tournée «Naturel»

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-06-04T10:00:00Z

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Jérémy Demay arrive à la fin de la tournée de son troisième spectacle, Naturel, qui se poursuivra jusqu’en septembre 2026. Avant de passer à un nouveau chapitre, nous avions envie de savoir comment s’est déroulée cette aventure pour l’humoriste.

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Jérémy, comment te sens-tu à l’approche de la fin de la tournée de ton spectacle Naturel?

J’en retire énormément de fierté. Une fierté du travail accompli, et surtout une grande gratitude envers toutes les personnes qui sont venues me voir en spectacle. C’est celui pour lequel j’ai vendu le plus de billets jusqu’à maintenant. Je suis heureux de constater que, plus le temps passe, plus les gens se déplacent. Certains me découvrent, d’autres me suivent depuis longtemps déjà.

Comment ont été les trois dernières années pour toi ?

Je ne vois pas vraiment de différence par rapport à mes autres spectacles. Une tournée, c’est beaucoup de voyages, de spectacles et de rencontres avec le public. Je n’ai pas tant changé de formule depuis le début de ma carrière : ce sont souvent les mêmes villes et les mêmes salles. J’ai aussi la chance d’avoir souvent la même équipe qui m’accompagne, alors je suis très reconnaissant de cette aventure. Je le vois comme un emploi à part entière, comme un autre.

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Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Qu’as-tu appris avec cette troisième tournée ?

Avec le temps, j’ai appris une chose essentielle : les publics ne sont jamais pareils et il ne faut pas le prendre personnel. Parfois, certains sont moins expressifs que d’autres, l’ambiance diffère, et ça peut être pour mille raisons. Des fois, ce n’est même qu’une impression. J’ai compris que je ne devais pas en faire plus pour susciter davantage de réactions.
Un jour, j’ai entendu cette analogie : si tu veux servir un verre d’eau à quelqu’un qui a un petit verre, mais que tu lui verses un gros gallon, il y aura trop d’eau pour la capacité du verre. Cette image m’est restée. On ne peut pas comparer un auditoire à celui de la veille : il faut simplement le prendre tel qu’il est.

Est-ce que ça t’a appris à rester plus naturel, comme le titre de ton spectacle l’indique ?

Oui. Pendant un moment, c’était frustrant de ne pas comprendre pourquoi je n’avais jamais exactement les mêmes réactions. J’ai dû me sortir de la tête que c’était nécessairement de ma faute et accepter qu’il n’y a pas toujours d’explication. On fait des spectacles pour des humains, avec leurs propres rythmes et états d’esprit. L’important, c’est d’être en paix avec ça.

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Considères-tu qu’une tournée qui dure plusieurs années est un grand privilège ?

Absolument. C’est un immense privilège de voir autant de gens se déplacer. On est allés partout : sur la Côte-Nord, à travers le Nouveau-Brunswick, jusqu’à Halifax. Peu importe la destination, les salles sont pleines. C’est magique de constater que les gens prennent de leur temps et investissent leur argent pour venir m’écouter. Ça reste fou pour moi. Même si c’est devenu une habitude, puisque c’est ma vie depuis longtemps, je sais que c’est une grande chance.

Parle-moi de ta communauté, qui semble très présente.

Avec ce spectacle, dès que le show se termine, je descends dans la salle pour aller parler aux gens. J’aime énormément cet aspect de mon métier. Je ne sais pas si je ferai ça toute ma carrière, parce que ça peut devenir exigeant, mais pour l’instant, j’y prends beaucoup de plaisir. C’est énergivore après une heure et demie à tout donner sur scène, mais c’est très gratifiant. Je partage aussi beaucoup de contenu sur les réseaux sociaux pour donner envie aux gens de venir voir le spectacle. J’aime improviser pendant mes shows : je trouve que ça les rend uniques et vivants. Mon but est que les gens passent un beau moment, et je pense que ça y contribue.

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Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

À la fin de la tournée, as-tu prévu de prendre du temps pour te reposer avec ta famille ?

Je sais que, de l’extérieur, ça peut sembler épuisant, mais honnêtement, je ne me trouve pas si fatigué. Il y a un peu de route, un spectacle d’une heure et demie, et c’est tout. Je ne travaille pas douze heures par jour sur un chantier de construction en plein soleil. Je ne peux pas comparer ma réalité à celle de bien d’autres métiers que je respecte énormément.
Comme j’étire mes spectacles sur une longue période, j’ai beaucoup de temps de repos. Je n’ai pas plusieurs projets en parallèle, comme certains humoristes qui font aussi de la radio ou de l’animation. Je me considère comme chanceux. Cela dit, un projet de conférence commence à se dessiner comme prochaine étape, et j’ai quelques idées pour un autre spectacle, mais je n’en suis pas encore là.

Ce n’est tout de même pas un mode de vie qui plairait à tout le monde.

Je pense que le plus gros défi est surtout pour ma conjointe, qui joue un rôle clé dans notre équilibre familial. Je tiens vraiment à lui rendre hommage. J’adore être sur scène et rencontrer les gens  ; ce n’est pas difficile pour moi. Ce qui devient plus tannant avec le temps, c’est la route, mais je ne peux pas vraiment me plaindre. La plupart de mes spectacles sont autour de Montréal : je pars en fin de journée et je suis de retour vers 23 h. Je suis donc présent le jour pour aider à la maison. Je ne voudrais pas d’une tournée éreintante où je serais absent pendant de longues périodes.

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Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Comment va la famille ?

Tout le monde va très bien. J’ai deux filles et une conjointe : je suis clairement en minorité à la maison ! (rires) Mes filles ont six et quatre ans, et elles grandissent bien. Être parent, c’est exigeant et fatigant, mais c’est aussi merveilleux. La plus grande commence des cours de jeu théâtral et adore ça. On ne sait pas où ça la mènera, mais peu importe, l’essentiel, c’est qu’elle fasse ce qu’elle aime. Le plus difficile, pour moi, a été la petite enfance, et on en sort tranquillement. Le manque de sommeil, l’énergie qui baisse, tout ça... mais ça va de mieux en mieux.

Peux-tu nous parler davantage de la conférence que tu prépares ?

La croissance personnelle et le travail sur soi font partie de ma vie depuis longtemps. Ce sont des thèmes qui m’ont beaucoup aidé à cheminer, à devenir une meilleure version de moi-même, et à accéder à quelque chose de plus sain et de plus beau. Mon objectif est d’aller vers le meilleur que la vie peut m’offrir. Plus je suis en santé, plus je me sens bien et libre. Et ces changements doivent d’abord venir de moi. Ces dernières années, j’ai surtout donné des conférences en milieu privé, notamment dans des entreprises. Puisque j’ai une année de pause entre deux spectacles, j’ai eu envie d’aller à la rencontre d’un public intéressé par ce type de contenu. Je serai accompagné de Chantal Lacroix : nous avions fait une émission web ensemble pendant la pandémie, et cette fois, nous souhaitions réunir nos deux communautés et nous amuser avec ce projet. J’ai très hâte de voir ce que ça va donner.

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