On est allé voir le tunnelier géant qui va creuser le prolongement de la ligne bleue

Alice Fournier
Partager
Le plus gros tunnelier que le Québec a vu se trouve actuellement à Montréal et se prépare à creuser le tunnel qui va relier les cinq futures stations de la ligne bleue. 24 heures s’est rendu sur le chantier de la station Vertières pour observer la bête.
• À lire aussi: 4 raisons pourquoi Québec devrait s’intéresser davantage au transport collectif
«Notre tunnelier, c'est une machine un peu comme une perceuse, qui va gruger le roc et le faire sortir derrière lui», explique le surintendant du chantier du prolongement de la ligne bleue, Matthieu Thomas.
Il va sortir «une quantité phénoménale de roc»: 300 000 mètres cubes, soit l’équivalent de 120 piscines olympiques, illustre-t-il.

Mais avant de creuser à Montréal, le tunnelier est venu de loin. Les pièces sont arrivées détachées par bateau d’Allemagne, le 27 octobre dernier, après un périple de deux semaines en mer.
• À lire aussi: Voici l’histoire derrière les cinq noms que porteront les nouvelles stations de métro de la ligne bleue
Il a ensuite fallu deux semaines pour les transporter jusqu’au chantier de la station Vertières, par convois de nuit, afin d’éviter d’obstruer la circulation.

Les profondeurs de la métropole seront sa première expérience. Chaque tunnelier est unique et fabriqué sur mesure en fonction du terrain qu’il va devoir creuser ou le diamètre du tunnel désiré.
Avec son diamètre de 9,6 mètres, il s’agit du plus imposant jamais vu au Québec.
Une fois l’assemblage terminé en avril prochain, le tunnelier va peser 2000 tonnes et mesurer 135 mètres de long. Debout, c’est presque trois fois la hauteur de la tour de l’horloge du vieux-port de Montréal.

Un titan pour la ville
Le tunnelier se compose d’une tête qui creuse la roche poussée par un engrenage lourd de 204 tonnes, la pièce la plus imposante de l’engin.
Cinq remorques suivent, comme des wagons, et ont chacune une mission précise. L’une sert à la ventilation, une autre pour les pompes d’injection, une autre abritera la cabine de commande...
«Une partie du tunnelier est assemblée et soudée sur le chantier au niveau du sol, l’autre est finalisée dans le trou de la station», souligne Matthieu Thomas.

10 à 15 mètres creusés par jour
À Vertières, le début du tunnel a déjà été creusé pour accueillir le tunnelier. Une fois prêt à fonctionner, il va creuser 10 à 15 mètres par jour et entre 18 et 40 mètres de profondeur.
À quoi doivent s’attendre les résidents qui longent les 4,6 km du prolongement de la ligne bleue?
«L’avantage c’est que le tunnelier est une machine silencieuse, alors les gens ne se rendront pas compte qu’on creuse sous la ville», indique M. Thomas.

La machine va fonctionner 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, et, si tout va comme prévu, terminera son travail au début de l’hiver 2028, selon les prévisions de la STM.
Le Bureau du projet de la ligne bleu va lancer un concours pour trouver un nom féminin au tunnelier. Comme le veut la tradition, les tunneliers portent des noms féminins pour se placer sous la protection de Sainte Barbe, patronne et protectrice des mineurs et des ouvriers qui travaillent en sous-sol. Par exemple, le tunnelier du REM s’appelle Alice.