Tous les résultats
Publicité

Voici comment sauver annuellement 200 vies fauchées par des arrêts cardiaques

Le Québec fait piètre figure au Canada en nombre de défibrillateurs par habitant

L’une des dernières photos de Jacques de Champlain (à gauche) avec son fils François en 2009 au Centre Bell. Photo courtoisie
L’une des dernières photos de Jacques de Champlain (à gauche) avec son fils François en 2009 au Centre Bell. Photo courtoisie François de Champlain
Photo portrait de Mathieu-Robert Sauvé

Mathieu-Robert Sauvé

2026-02-08T05:00:00Z

Partager

Un médecin pense pouvoir sauver 200 vies par année au Québec simplement en augmentant le nombre de défibrillateurs dans des lieux publics.

«Le Québec est une des pires provinces du Canada à ce chapitre. On compte environ 11 000 défibrillateur externe automatisés (DEA) à la grandeur du territoire. Ça en prendrait 40 000», lance le Dr François de Champlain, urgentologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et président de la Fondation Jacques-de-Champlain, qu’il a créée en mémoire de son paternel pour favoriser l’accès à ces appareils.

Son père est décédé alors qu’il se trouvait à seulement 200 mètres d’un défibrillateur externe automatisé (DEA) qui aurait pu lui sauver la vie. Depuis, le Dr François de Champlain s’est donné pour mission de multiplier le nombre de ces appareils capables de petits miracles auprès des victimes d’un arrêt cardiaque.

L’urgentologue François de Champlain. Photo courtoisie
L’urgentologue François de Champlain. Photo courtoisie François de Champlain

En multipliant par quatre le nombre de défibrillateurs, au moins 200 personnes seraient sauvées par an au Québec, évalue-t-il. 

Publicité

«Ce sont autant de personnes qui profiteraient de la vie souvent sans séquelles, autant de familles épargnées du deuil éprouvant comme celui que nous avons connu à la mort de mon père», dit-il, ajoutant que son père n’avait aucun signe avant-coureur du danger qui le guettait.

«Quand il s’est affaissé, le bon samaritain qui s’est présenté a fait les manœuvres adéquates mais n’a pas utilisé le défibrillateur qui se trouvait à 200 mètres de là», raconte-t-il.

Quand les paramédics se sont finalement présentés après 27 minutes d’attente, il était trop tard.

Le Dr de Champlain a lancé il y a 10 ans une application qui permet de localiser sur votre téléphone les défibrillateurs les plus près. Elle a été téléchargée plus de 100 000 fois jusqu’à maintenant, et même les répartiteurs du 9-1-1 l’utilisent. Ils peuvent ainsi accompagner les secouristes à distance.

Le médecin et chercheur Jacques de Champlain (1938-2009) était un spécialiste de l’hypertension et du système nerveux. Il a eu un malaise cardiaque qui lui a coûté la vie en 2009 mais qui aurait pu être surmonté si les secouristes avaient eu accès à un défibrillateur. Photo Fondation Jacques-de-Champlain
Le médecin et chercheur Jacques de Champlain (1938-2009) était un spécialiste de l’hypertension et du système nerveux. Il a eu un malaise cardiaque qui lui a coûté la vie en 2009 mais qui aurait pu être surmonté si les secouristes avaient eu accès à un défibrillateur. Photo Fondation Jacques-de-Champlain Fondation Jacques de Champlain
Engagement non tenu

Le Québec fait piètre figure au Canada dans ce secteur. À titre de comparaison, le Manitoba compte 12 fois plus de défibrillateurs que le Québec: 324 par 100 000 habitants, contre 27 au Québec.

Pour le Dr de Champlain, le gouvernement du Québec doit lancer sa stratégie de lutte contre les arrêts cardiaques comme annoncé dans le Plan d’action préhospitalier d’urgence 2023-2028. Le ministère s’était engagé à déposer un projet de loi pour améliorer l’accès public aux défibrillateurs.

Publicité

L’État de Washington, aux États-Unis, et la France, où le code du bâtiment oblige tout nouvel immeuble à prévoir un de ces appareils, sont des modèles du genre.

Photo Agence QMI, YVES CHARLEBOIS
Photo Agence QMI, YVES CHARLEBOIS

CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI
CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

Chaque minute compte

Chaque minute compte lors d’un arrêt cardiaque parce que le cerveau et les organes vitaux ne reçoivent plus d’oxygène, et les dommages surviennent très vite. C’est l’une des urgences médicales les plus sensibles au temps.

Sans massage cardiaque ni défibrillation, le taux de survie diminue de 10% chaque minute. Les chances de survie tombent de moitié en cinq minutes.

Au cours d’un arrêt cardiaque, le rythme est souvent chaotique, c’est ce qu’on appelle la fibrillation ventriculaire. Un défibrillateur externe automatisé (DEA) peut «réinitialiser» le cœur avec un choc électrique. Une défibrillation dans les trois premières minutes donne jusqu’à 70% de survie. Plusieurs patients reprennent leur vie sans séquelles, sans même passer par les soins intensifs.

Pour télécharger l’application gratuite qui permet de localiser les défibrillateurs autour de vous: https://www.jacquesdechamplain.com/telechargez-appli-dea-quebec/

Publicité
Publicité