Voici ce qu’on a pensé du nouveau spectacle de François Bellefeuille, «Sauvage»
L’humoriste est de retour avec un one-man show pour la première fois depuis plus de sept ans


Raphaël Gendron-Martin
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François Bellefeuille nous avait manqué. Plus de sept ans après Le plus fort au monde, l’humoriste revient avec Sauvage, un troisième spectacle où il prouve qu’il n’a rien perdu de son efficacité comique. Fidèle à sa marque de commerce, Bellefeuille donne peu de répit au public, abordant tout autant ses cheveux blancs, que sa passion pour le bidet, un frigo intelligent, Georges St-Pierre ou encore Xavier Dolan.
C’est sur Sabotage, des Beastie Boys, que le comique à lunettes a fait son entrée sur la scène de l’Olympia, mardi soir. Bellefeuille étant un humoriste très apprécié dans le milieu, plusieurs collègues, dont Simon Gouache, Louis T et Laurent Paquin, étaient venus l’encourager.
«J’ai failli rester chez nous!» a-t-il lancé d’entrée de jeu, racontant que la moitié des gens qu’il croise pense qu’il est le Doc Mailloux. «Faut que j’y ressemble en maudit parce qu’il est mort!»
Moins dans la folie
Dans ses deux premiers spectacles, Bellefeuille nous avait habitué à un rythme effréné où l’accumulation de rires faisait souvent verser des larmes aux spectateurs. Avec Sauvage, l’humoriste poursuit dans la même lignée, même s’il nous a moins fait perdre le souffle que dans le passé.
Toujours appuyé par Marie-Christine Lachance (mise en scène, textes) et Olivier Thivierge (textes), Bellefeuille nous propose un spectacle encore plus personnel que les précédents. Son fameux personnage de scène colérique qu’on avait découvert il y a une quinzaine d’années s’emporte encore à l’occasion, mais c’est beaucoup plus tempéré. On est moins dans la folie brute de ses débuts.
Bellefeuille parle de sa vie familiale, de son passé de vétérinaire et même de son voisin passionné d’oiseaux (on apprendra à la fin du spectacle que cet ornithologue en herbe – que Bellefeuille appelle Jacques – est en fait Pierre Verville!).
Cheveux blancs
Ayant décidé de laisser tomber les écrans pour ce troisième spectacle, l’humoriste de 49 ans a comme décor une structure étoilée, aux couleurs changeantes, qui rappelle sa chevelure ébouriffée. Quand le décor passe au jaune, on y voit même une ressemblance avec la coiffe des personnages des Simpson.
Préoccupé par ses cheveux qui blanchissent de plus en plus, Bellefeuille raconte au début de Sauvage qu’on pense parfois qu’il est le grand-père de ses enfants. Et parce que le public l’a déjà vu avec les cheveux blancs, il ne peut pas se les teindre. «Je ne peux pas arriver du jour au lendemain avec les cheveux auburn!»
Après avoir parlé de sa passion pour son bidet, Bellefeuille est hilarant en se souvenant la fois où un vendeur avait essayé de lui vanter les qualités d’un frigo intelligent. «Bienvenue dans le futur? Crisse, on est chez Corbeil!»
Le génie de Xavier Dolan
François Bellefeuille garde deux de ses meilleurs moments pour la fin du spectacle. Il nous partage d’abord un cours de gymnastique pour sa fille qu’il s’est retrouvé à faire avec le champion d’arts martiaux mixtes, Georges St-Pierre.
Et il rend la foule hystérique en décrivant la fois où il s’est trompé d’épisode en regardant avec sa conjointe une série de Xavier Dolan («c’t’un génie!»). Un savoureux numéro de clôture.
Parce que François Bellefeuille aborde énormément de sujets dans ce court spectacle d'un peu moins de 1h10, certaines transitions nous ont semblé moins fluides. L’humoriste passe parfois du coq-à-l’âne... ou ici du chat obèse au cochon d’Inde! Malgré cela, le rythme demeure soutenu et le rire, constant.
Même s’il n’avait pas lancé de nouveau spectacle depuis 2018, François Bellefeuille nous confirme avec Sauvage qu’il reste l’un des humoristes les plus solides et originaux de sa génération.