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Voici ce qui explique le virage à 180 degrés du CH

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2025-01-17T23:15:00Z
2025-01-17T23:20:49Z

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11-16-3. 25 tout-petits points de classement sur une possibilité de 60. Voilà ce qu’était la fiche du Canadien après 30 matchs. 11-2-1. 23 points de classement sur une possibilité de 28. Voilà ce qu’est la fiche du Canadien dans ses 14 derniers matchs.

Il s’agit d’un virage à 180 degrés, une métamorphose totale. Et surtout, avec 11 victoires dans ses 14 derniers matchs, on ne peut pas dire qu’il s’agit d’un heureux hasard, d’un accident de parcours.

Non, il s’agit du nouveau visage du Canadien. Celui d’un groupe uni et résilient, mais surtout confiant. Un contingent soudé qui croit en ses moyens et qui n’a plus aucun complexe, qui n’a plus peur de personne.

Il n’y a plus de jour de match qui passe où l’on a acquis que le soir venu le CH va se faire planter. Au contraire, les journées de rencontres ne passent pas assez vite tellement on a hâte que la nuit tombe pour ne rien manquer de la prochaine victoire de la Sainte-Flanelle.

«La Sainte-Flanelle», «Les Glorieux», deux légendaires sobriquets pour qualifier le Canadien. Les termes élogieux que je ne me permettais plus d’utiliser tellement cette équipe me faisait honte, tellement je trouvais que ce groupe de bébés gâtés salissait la richissime tradition de cette organisation.

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C’est avec plaisir que je réintègre ces surnoms qui appellent aux beaux jours, aux jours heureux. La victoire est un élixir fabuleux. Quand une équipe aussi importante que le Canadien de Montréal gagne, c’est tout le peuple québécois qui va mieux.

Avec toute la grisaille géopolitique, toutes les batailles existentielles qui nous pendent au bout du nez, le Tricolore a un job à faire afin de stabiliser l’humeur des gens.

Disons que, désormais, ça réussit plutôt bien. Je ne suis pas dupe, je sais bien que le CH va connaître quelques ratés d’ici la fin de la saison. Mais, des glissades en règle? Je serais étonné. Encaisser à nouveau des volés de 7 à 2 ou 8 à 2? Je serais renversé.

L’arrivée de Patrik Laine et l’énergie contagieuse qu’il dégage a été un déclencheur extraordinaire. L’acquisition d’Alexandre Carrier représente un ajout névralgique. Et le départ canon de Jakub Dobes est providentiel.

Il reste du travail à faire par le tandem Gorton-Hughes, mais, dans l’ensemble, ce qu’ils ont assemblé avec patience et parcimonie rapporte des dividendes très excitants.

Dans l’équation, ce serait malveillant d’ignorer Martin St-Louis.

On a tous convenu avec raison que Spencer Carbery des Capitals de Washington allait mériter le trophée Jack-Adams remis à l’entraineur de l’année dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Comment ignorer St-Louis au nombre des finalistes s’il classe son club en séries de fin de saison?

St-Louis a plusieurs points en commun avec son patron immédiat et ami Kent Hughes. D’abord, ce sont deux têtus rares, ce qui est une qualité pour exercer leur métier.

Mais, ils sont également tous les deux dotés d’une patience hors normes.

Je dois cependant admettre que cette patience a remarquablement servi le plan, le projet du Canadien, particulièrement dans le cas de St-Louis qui a maintenu sa ligne directrice en demeurant sourd aux bruits extérieurs. Il a sciemment exécuté son plan en suivant son instinct et son agenda avec une précision chirurgicale.

Il a commencé par déployer un effort soutenu à la cause de développement individuel de chacun de ses joueurs. Puis, au cours de l’automne, il a intégré la notion de comportement collectif de sa troupe. Envers et contre tous les commentaires risibles qui pullulaient partout, y compris dans ce billet.

St-Louis mérite énormément de crédit pour le succès actuel de son équipe. Évidemment, tout n’est pas parfait. Il redevient peu à peu le personnage fuyant les médias qu’il était à titre de joueur.

S’il me demandait conseil, je lui dirais de rester humble, accessible, philosophe et jovial, de redevenir le St-Louis qu’on a tout de suite adopté à son arrivée en poste.

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