Voici 4 gestes faciles que vous pouvez poser pour aider les abeilles au Québec


Anne-Sophie Poiré
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Saviez-vous qu'il est possible d’aider les colonies d'abeilles à se régénérer par des gestes aussi simples que d’attendre au mois de juin pour tondre la pelouse.
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De 25 à 30% de pertes dans les colonies
«Normalement, un apiculteur devrait perdre entre 5% et 15% du nombre total de ses colonies. Mais depuis les 10 ou 15 dernières années, on est entre 25% et 30% au Québec et au Canada», expliquait à 24 heures en 2022 le doctorant en toxicologie de l'environnement à l'UQAM et à l'Université Claude Bernard Lyon 1, Maxime Gauthier.
Le biologiste de formation utilise l’analogie du petit canari dans la mine de charbon.
«Lorsqu’il arrêtait de chanter, ça voulait dire qu’il avait détecté une fuite de gaz et que les mineurs devaient évacuer immédiatement. Les abeilles qui meurent chaque année, c’est le petit canari qui arrête de chanter. Ça signifie qu’il y a un problème.»
Il est donc essentiel de redoubler d'efforts pour les protéger et faciliter leur travail essentiel.
1- Ne pas tondre sa pelouse en mai
Les premières fleurs du printemps – comme les pissenlits – qui poussent dès le mois d’avril sont une source capitale de nourriture pour les pollinisateurs après un long hivernage.
Depuis quelques années, des mouvements comme No Mow May (mai sans tondeuse) ou le Défi Pissenlits incitent à laisser pousser le gazon tout le mois de mai pour éviter d’arracher aux abeilles l’une des rares sources de nectar et de pollen à cette période.
«Pourquoi on parle du pissenlit? C’est qu’il pousse massivement sur nos gazons et qu’on le voit comme de la mauvaise herbe», rappelle M. Gauthier.
«L’idée, en fait, est de s’assurer de la succession florale tout au long de la saison [...] pour donner un maximum de nourriture aux pollinisateurs, surtout sur l’île de Montréal, où il y a une grande densité de ruches», précise l’expert.
Il doit y avoir des fleurs du printemps à l’automne si l'on considère que 35% de notre garde-manger dépend des insectes pollinisateurs.
2- Éviter les pesticides
Une bonne habitude qu'on peut prendre pour aider les abeilles, c'est d'éviter les pesticides, souligne M. Gauthier. «On essaie de ne pas faire de lutte chimique sur nos terrains, mais plutôt de la lutte physique.»
«On peut utiliser des plantes de compagnonnage qu’on peut faire pousser à côté de notre laitue pour attirer les insectes ou mettre des coquilles d’œufs pour éloigner les limaces, illustre-t-il. Il y a plein de solutions plus vertes, mais qui demandent plus de travail.»
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3- Fabriquer des fontaines d'eau
Il suggère également de fabriquer des fontaines avec un petit bol d’eau et des billes par exemple, pour que les abeilles puissent s’y abreuver sans se fatiguer. «Dès qu’il fait au-dessus de 32 ou 33 °C, elles vont s’activer pour trouver de l’eau pour refroidir la ruche», détaille l’expert.
4- Disperser des bombes de semences
Une autre solution: les bombes de semences.
Ces petites boules de graines mélangées avec un agglomérant comme l'argile ou le compost peuvent être lancées ici et là pour attirer les pollinisateurs une fois les fleurs poussées, notamment dans les endroits difficiles à atteindre ou à cultiver.
«Les boules de semences, thumbs up», lance M. Gauthier.
«Mais il faut s’assurer qu’elles sont remplies de plantes indigènes qui poussent naturellement au Québec pour qu’elles s’intègrent bien dans notre écosystème.»