Visiter le Québec sans voiture: «Plusieurs régions demeurent difficilement accessibles»


Félix Desjardins
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Le tourisme intérieur aura encore la cote au Québec cet été, mais est-il possible de découvrir notre riche territoire sans embarquer à bord d’une voiture ?
Une myriade de facteurs pousse l’industrie touristique à repenser l’accessibilité aux régions. Avec le sentiment antiaméricain qui perdure et les prix des billets d’avion qui ont monté en flèche, bon nombre de Québécois passeront leurs vacances dans la province.

« La population est vieillissante et aime voyager, mais ne veut pas nécessairement conduire, note Geneviève Cantin, présidente-directrice générale de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec. On sait que beaucoup de gens de moins de 40 ans n’ont même pas leur permis de conduire. Il faut être capable de supporter ça. »
Les autobus voyageurs et le train sont les deux options offertes pour rejoindre les régions plus éloignées des grands centres. La pandémie de COVID-19 a toutefois causé un ralentissement de l’offre pour les autobus, et les longs et coûteux voyages en train en découragent plus d’un.

« L’offre est très fragmentée, ajoute Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat. On a un très grand territoire et la capacité de se déplacer sans voiture d’une région à l’autre dépend fortement de la destination. »
En effet, la faible densité du territoire québécois permet difficilement de justifier des trajets fréquents et abordables comme on peut voir en Europe ou au Japon. Du moins, selon M. Vachon, si on décide de considérer le transport en commun comme un « modèle d’affaires qui se doit d’être rentable ».
« On doit avoir cette réflexion, enchaîne-t-il. Est-ce qu’il est simple de déployer des solutions viables et pérennes ? Non. Mais les services publics dans le secteur touristique ne sont pas au sommet des priorités gouvernementales et plusieurs régions demeurent difficilement accessibles. »
Le dernier kilomètre
Même en réussissant à atteindre sa destination avec le transport en commun, un autre enjeu, encore plus important, guette les voyageurs. Une fois rendu à la gare de train ou d’autocar, comment rejoindre son lieu d’hébergement ou ses activités prévues ?
Certaines initiatives ont été mises en place dans les dernières années pour pallier cet enjeu. En outre, des navettes peuvent amener des touristes à des lieux d’attraction ou des parcs naturels et les ramener en fin de journée.
Le vélo-tourisme et le covoiturage avec des inconnus sont d’autres options intéressantes, mais qui ne conviennent pas à tout le monde.
« Il faut bien s’informer quand on arrive dans une région, conclut Mme Cantin. Mais ç’a toujours été un cheval de bataille pour nous. Comme touriste, c’est très important d’être capable de se déplacer et de pouvoir vivre des expériences partout au Québec. Il y a tellement de singularités, d’une région à l’autre. »
Voyager sans voiture : conseils en rafale
- S’y prendre d’avance: en réservant ses billets d’autobus ou de train plusieurs semaines ou mois à l’avance, on s’assure des meilleurs prix et des meilleures cases horaires ;
- Consulter les groupes Facebook: des communautés de covoiturage existent pour toutes les régions du Québec ;
- Considérer les forfaitistes: plusieurs compagnies proposent des forfaits incluant le transport, l’hébergement et des activités ;
- Adopter la bonne attitude: sans voiture, le trajet sera nécessairement plus long et votre flexibilité sera moindre. Profitez-en pour admirer notre beau territoire et ne surchargez pas votre horaire d’activités trop éloignées de vos lieux d’hébergement.