Virage à 180°: Marianne St-Gelais, de championne à maman comblée
Nathalie Slight
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Pendant des années, elle a filé sur la glace à toute vitesse. Aujourd’hui, c’est au rythme des premiers pas de son fils que Marianne St-Gelais avance. Maman comblée, elle savoure sa nouvelle vie au Saguenay, loin du tumulte olympique.
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Marianne, quand as-tu amorcé ton changement de vie?
À l'été 2021, j’ai vécu une grosse remise en question à la suite d’une rupture. J’habitais à Montréal, j’étais entraîneuse au sein du Centre de développement de l’excellence sportive à Montréal... mais je ne me sentais pas sur mon X. Sans être malheureuse, je m'ennuyais beaucoup de ma famille. Après une grande réflexion, j’ai décidé de retourner vivre au Saguenay, auprès des miens.
As-tu enclenché ce projet immédiatement?
Non. J’ai pris le temps de bien faire les choses: annoncer à mon employeur que je quittais l’entraînement en patinage de vitesse, vendre mon condo, etc. J’ai attendu que tout soit officiel avant de l’annoncer à ma famille, parce que je savais que, même si mes proches ne me le disaient pas, ils souhaitaient secrètement que je revienne m’installer en région. À l’été 2022, en revenant de la téléréalité Sortez-moi d’ici!, je suis retournée au Saguenay. Et entre-temps, j’ai rencontré mon amoureux, Raphaël.
Peut-on décrire votre rencontre comme un coup de foudre?
À ce moment-là de ma vie, j’étais dans l’autosabotage. Sachant que je retournais vivre au Saguenay, je ne voulais pas d’un amoureux qui habitait à Québec! En plus, Raphaël a six ans de moins que moi. Je me disais qu’il serait moins sérieux, alors que j’étais prête à fonder une famille. Finalement, on a pris notre temps... et trois ans plus tard, on a une maison et un petit garçon prénommé Noé.
Maintenant, te sens-tu sur ton X?
Oh oui, plus que jamais! Je savais que me rapprocher de ma famille me ferait du bien, mais j’avais sous-estimé à quel point la vie en région me rendrait heureuse. La rivière, le bois, la nature... tout ça me fait un bien immense. Et c’est ce genre de vie que je voulais offrir à mon enfant.
Parlant de ton fils: le 9 mai dernier, il a célébré son premier anniversaire. Quel regard jettes-tu sur l’année qui vient de s’écouler?
Si j’avais à résumer les derniers mois en un mot, je dirais: émerveillement. Sachant que ça allait passer vite, j’ai savouré chaque «première fois». La première fois qu’il a rampé, qu’il s’est assis, qu’il s’est levé seul, qu’il a fait ses premiers pas...
Après ton congé de maternité, tu es retournée à l’animation radio, n’est-ce pas?
Oui. Je coanime l’émission Les lève-tôt au 98,3 FM Saguenay. J’adorais être avec mon fils, mais j’ai besoin de me réaliser en tant que femme, de trouver un équilibre entre mon travail et ma famille. Je suis persuadée que si Noé a une maman heureuse, il sera heureux. Et mon bonheur passe en partie par le travail.
Souhaitais-tu depuis longtemps devenir maman?
Même si, depuis l’âge de 22 ans, je sais que j’ai la fibre maternelle, le projet de famille s’est concrétisé tard dans ma vie. Mais je suis persuadée qu’il est arrivé au bon moment, avec la bonne personne. Raphaël et moi, on ne voulait pas juste avoir un enfant ensemble, on voulait fonder une famille et se créer une belle vie autour de notre petit cocon.
Quel genre de papa est Raphaël?
Mon chum est un ancien joueur de hockey qui travaille aujourd’hui comme courtier hypothécaire. Il a donc un bon gabarit, mais il est d’une immense douceur avec notre fils — c’est vraiment beau à voir. Noé est né par césarienne. C’est donc papa qui s’en est occupé les premières heures. Ça a soudé leur lien, dès le départ. Comme je travaille très tôt le matin, c’est mon chum qui va porter Noé à la garderie. Il est excellent pour la routine matinale, et celle du soir, car il aime bien donner le bain à Noé: c’est leur petit moment père-fils.
(Marianne ajoute avec un sourire)
Mon chum fait beaucoup rire Noé. Il joue à cache-cache, il lui fait des petites blagues. Quand je les vois aussi complices, mon cœur fond. Et je suis bien consciente que ça ne fait que commencer.
Parle-nous de ton beau Noé.
À 14 mois, on découvre de plus en plus sa personnalité. Il a des traits de caractère de papa et de maman. Je me réjouis à l’idée de découvrir la vie à travers les yeux de Noé. Durant ma grossesse, je n’ai pas voulu savoir si je portais un garçon ou une fille: le sexe m’importait peu. Raphaël, lui, voulait le savoir. Il a donc appris à l’échographie de la 12e semaine que c’était un garçon, et il a été bon de garder le secret jusqu’à la naissance.
Qu’est-ce qui te surprend le plus de la maternité?
Oh, bonne question! (Marianne réfléchit) J’ai fait de la compétition sur le circuit national durant 11 ans, j’ai participé à trois Jeux olympiques: supporter la pression, je connais. Et pourtant, si mon fils fait un peu de fièvre, je capote ma vie! J’apprends tranquillement à vivre avec cette petite angoisse qui se cache quelque part dans le fond de mon cœur et qui ne me quittera probablement jamais. Ma mère a quatre enfants, et même si nous sommes adultes, elle s’inquiète encore pour nous. Il y a quelque chose de beau là-dedans, parce que c’est de l’amour à l’état pur.
Tu es en congé de radio cet été. Comment occupes-tu tes journées?
Quand j’ai pris la décision de m’installer en région, c’était pour passer plus de temps avec ma famille et jusqu’à présent, je tiens la promesse que je me suis faite à moi-même. Mes parents sont retraités, mes sœurs et mon frère ont des vacances aussi cet été. Donc, je passe du temps avec les gens que j’aime. Cela dit, j’ai hâte aussi de retrouver ma gang de la radio en août: l’équipe, nos fous rires, le contact avec le public... tout ça me manque.
En terminant, prévoyez-vous agrandir la famille, Raphaël et toi?
Je suis âgée de 35 ans, donc je ne veux pas attendre trop longtemps. En même temps, je voulais profiter de la première année de vie de mon fils, lui donner toute l’attention qu’il mérite, avant de retomber enceinte. Je tenais aussi à retourner au travail, créer un certain équilibre, avant d’agrandir la famille. Idéalement, nos enfants auraient deux ans d’écart... mais ça pourrait arriver maintenant, comme dans trois ans. Si la maternité m’a appris une chose, c’est bien le lâcher-prise! (rires)