Violence au hockey entre le Canada et les États-Unis: un malaise pour plusieurs parents


Benoît Rioux
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Applaudie par bon nombre d’amateurs de hockey, la violence déployée sur la glace du Centre Bell samedi soir a aussi provoqué des malaises. Il ne s’agissait certainement pas du plus bel exemple à donner à tous ces jeunes qui regardaient la partie.
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Le contraste ne pourrait être plus frappant! Dans le cadre d’un échange culturel, des dizaines de jeunes hockeyeurs de Saint-Lambert et de Marblehead, en banlieue de Boston, étaient réunis samedi soir dans une grande salle de réception d’un club de golf de la Rive-Sud pour regarder ensemble le match entre le Canada et les États-Unis à la Confrontation des 4 nations.
Lorsque trois différentes bagarres ont éclaté avant même la 10e seconde de jeu, le malaise était évident chez bien des parents de ces jeunes de 10 à 12 ans.
«Une honte pour le hockey, a affirmé franchement Audrée Couture-Martel, organisatrice de l’échange chez les Red Wings de Saint-Lambert. J’ai eu un malaise, comme plusieurs autres parents, et j’ai eu le goût de fermer la télévision.»

«Un moment donné, on avait hâte que ça revienne à un match de hockey», a-t-elle ajouté.
Applaudir pour enterrer les huées
Plus tôt dans la journée de samedi, c’est sous le signe de l’amitié que les jeunes Red Wings et leurs «buddies» de Marblehead avaient participé à une Classique hivernale sur la patinoire du parc Préville, à Saint-Lambert.
«Cette activité a été exceptionnelle, tout le monde était dehors, il y avait de l’ambiance, de la musique, du chocolat chaud, a énuméré Mme Couture-Martel, avec enthousiasme, précisant que ses fils Arthur et Philippe font partie de l’échange. C’était du bonbon.»
Le visionnement du match entre l’équipe de Connor McDavid et celle d’Auston Matthews, deux joueurs particulièrement aimés par les jeunes, devait être le point d’orgue de la journée.
En raison des possibles tensions, les papas des joueurs avaient prévu le coup en se donnant le mot d’ordre d’applaudir pendant l’hymne national américain si des huées devaient être entendues au Centre Bell. Pas question de faire subir cet affront aux jeunes visiteurs et à leurs parents!
Un «clash»
Les bagarres ont provoqué un effet de surprise. Si certains ont d’abord eu du mal à cacher une certaine excitation lors de la première bataille entre l’Américain Matthew Tkachuk et le Canadien Brandon Hagel, tous ont rapidement convenu qu’il ne s’agissait pas de très beaux modèles à suivre pour les enfants présents.

«C’était tellement un gros clash de voir ce qui se passait comparativement à la beauté de l’échange entre nos jeunes», a résumé l’organisatrice.
Cet échange entre Saint-Lambert et Marblehead célébrait son 60e anniversaire cette année. Avant de s’impliquer pour le bonheur et le développement de ses fils, Audrée Couture-Martel mentionne que son frère Guillaume avait lui-même pris part à cette activité qui, chaque année, permet également à de jeunes Québécois de vivre une aventure au Massachusetts.
«Ça crée des amitiés qui perdurent, avec les jeunes, mais aussi les parents, ça va au-delà du hockey, insiste-t-elle. Mes enfants le font depuis quelques années et, l’été dernier, on a même retrouvé nos amis des États-Unis pendant nos vacances dans le Maine.»
Des souvenirs plus nobles
Antoine Hofer, qui était parmi les parents présents samedi soir au club de golf de Saint-Lambert, pouvait aussi témoigner du contraste entre cet échange culturel et la violence vue sur la patinoire du Centre Bell samedi soir.
«J’ai moi-même participé à cet échange quand j’étais jeune et mes fils Vincent et William l’ont maintenant fait, a-t-il témoigné. De tous les tournois que tu fais dans ta vie, c’est celui que tu te rappelles le plus.»
Pour cette année, les jeunes ont encore cumulé bien des souvenirs. Au-delà des trois bagarres en 10 secondes à la Confrontation des 4 nations, il y aura heureusement eu des heures et des heures à forger des amitiés au fil des matchs à l’aréna et de la compétition d’habiletés, sans oublier la fameuse Classique hivernale au parc et le hockey de terrain libre au gymnase. Les enfants se souviendront aussi du chocolat chaud, des crêpes au sirop d’érable pour déjeuner et, ose-t-on croire, du fait que l’amitié peut aussi exister entre un Canadien et un Américain. Car certains souvenirs mémorables se déroulent aussi hors de la glace.