Violence amoureuse chez les ados : des chiffres inquiétants
Équipe Salut Bonjour
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Les violences amoureuses à l’adolescence sont un sujet aussi épineux que crucial. On en parle souvent dans les médias, et avec raison. Les chiffres qui circulent ces jours-ci confirment que nous faisons face à un véritable enjeu de santé publique, un problème qui touche nos jeunes beaucoup plus qu’on l’imagine et qui devrait tous nous mobiliser.
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Revoyez la chronique complète dans la vidéo ci-dessus !
À Montréal seulement, 43 % des jeunes qui ont vécu une relation amoureuse dans la dernière année rapportent avoir subi ou infligé une forme de violence. Et il ne s’agit pas que de violence physique. Les violences émotionnelles, sexuelles et psychologiques sont fréquentes, parfois banalisées, parfois même invisibles pour l’entourage.
Une donnée me bouleverse particulièrement : 8 % des adolescentes de 14 ans et plus déclarent avoir subi une relation sexuelle forcée. Derrière ce pourcentage, il y a des jeunes filles, leurs blessures, leur incompréhension, leur solitude. Et ces expériences laissent des traces qui marqueront les relations futures, la confiance en soi, la capacité à se sentir digne d’un amour sain.
Comprendre ce qui mène à ces violences
Pourquoi en est-on là ? Les causes sont multiples. Parmi les facteurs de risque, on retrouve une faible estime de soi, un contexte scolaire fragile, des difficultés financières dans la famille, une dynamique relationnelle instable, de la détresse psychologique ou encore la consommation d’alcool. À cela s’ajoute un élément impossible à ignorer : l’information à laquelle les adolescents sont exposés, souvent sans filtre, dans les réseaux sociaux. Quand les modèles amoureux proviennent surtout de TikTok, d’influenceurs ou de contenus hypersexualisés, comment s’y retrouver ?
Face à cette réalité, on me demande souvent : mais qu’est-ce qu’on peut faire, comme parents ? Comme adultes ?
Ma réponse est simple : ce n’est pas seulement l’affaire des parents. C’est l’affaire de toute la communauté.
Même ceux qui n’ont pas d’enfants ont un rôle à jouer. Le premier geste, c’est de s’informer. Une relation saine repose sur trois piliers :
- un soutien mutuel,
- peu d’interactions négatives,
- une véritable satisfaction relationnelle.
C’est ce qu’il faut expliquer et répéter aux adolescents. Leur rappeler qu’ils sont censés se sentir bien dans leur relation, pas anxieux, pas contrôlés, pas diminués.
Comment intervenir sans braquer l’adolescent
Mais comment intervenir lorsqu’on sent que quelque chose ne va pas ?
Beaucoup de parents se sentent impuissants et voudraient dire à leur enfant : « Tu arrêtes cette relation-là tout de suite ». Mais ça ne fonctionne pas. Au contraire, ça crée souvent un effet de repli.
Le plus efficace, c’est d’exprimer des inquiétudes sans jugement :
« J’ai l’impression que tu vois moins tes amis... que tu sembles moins heureuse... qu’est-ce qui se passe ? »
On ouvre une porte. On crée un espace sécurisant. Et si l’adolescent préfère en parler à quelqu’un d’autre, c’est correct aussi. Ce peut être un intervenant scolaire, un psychologue, un proche... même un policier communautaire. L’important, c’est qu’il y ait plusieurs personnes disponibles, parce que nos institutions manquent cruellement de ressources.
Les moments informels jouent aussi un rôle clé. Un souper de famille, une fête, une discussion autour d’un dessert... Parfois, ce n’est pas le parent, mais la tante, l’oncle, l’ami de la famille qui réussit à créer le lien. Protéger nos jeunes, ça ne repose pas sur une seule personne. Ça repose sur tout un village, et ce village, c’est nous.