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Viol collectif: la LNH et des équipes devront s’expliquer

Jim Wells, Calgary Sun
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-01-25T20:47:24Z

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Cinq joueurs de l’édition 2018 d’Équipe Canada junior auront rendez-vous avec la justice. Mais ils ne seront pas les seuls de qui la population aura besoin de réponses.

Plusieurs équipes de la LNH se retrouveront bientôt dans une situation nécessairement délicate.

Ont-elles fait jouer des joueurs soupçonnés d’avoir participé à un viol collectif en toute connaissance de cause?

Et si ce n’est pas en toute connaissance de cause, est-ce que c’était plutôt de l’aveuglement volontaire? Est-ce que les équipes ne voulaient juste pas le savoir? Ce qui serait encore pire, à mon avis.

Parmi tous les joueurs de l’édition 2018, 18 des 22 ont fait savoir qu’ils n’avaient rien à voir avec cette grave affaire. Soit ils l’ont eux-mêmes dit publiquement, soit leur agent l’a fait.

Mais on constate que finalement, il y en a cinq sur 22 qui sont sommés par la police de se rendre.

Si on fait un calcul simple, il y a ainsi au moins un joueur qui a nié catégoriquement son implication, mais qui est convié par la police pour faire face à des accusations sexuelles.

Cela m’amène à me poser beaucoup de questions.

Pousser pour la vérité

S’il s’avère que ces cinq joueurs étaient bel et bien impliqués, qu’est-ce que ça veut dire? Est-ce que leur agent a menti? Est-ce que les joueurs ont menti pour garder leur travail?

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Et si le joueur a menti, est-ce que l’agent a poussé un peu pour avoir la vérité?

Et les équipes ont-elles fait l’effort d’y voir plus clair?

Oui, le dossier s’est réglé en cachette et la victime a été payée par Hockey Canada pour son silence.

Mais ce n’est pas une demande de pardon. Ça ne blanchit pas des violeurs allégués. 

Et si vous me dites que dans le milieu du hockey, personne ne connaissait vraiment les cinq joueurs, j’ai bien de la misère à vous croire. 

Comme organisation, comme entreprise, comme symbole en haut de la pyramide dans un sport, comme modèle, les équipes doivent donner l’exemple. Ne pas faire jouer un joueur lié à un viol collectif, c’est plutôt élémentaire comme devoir.

Qu’ont-elles fait, ces équipes?

Si des dirigeants disent qu’ils ne savaient rien et que ce n’était pas de leur devoir d’essayer de le savoir, soit ils mentent, soit ils sont de mauvais dirigeants.

L'enquête de la LNH

Et la LNH qui mène encore sa fameuse enquête interminable depuis 18 mois... Il se passe quoi? Que savait la LNH? A-t-elle laissé des joueurs jouer sur ses patinoires en sachant qu’ils étaient liés à un viol collectif?

Comme entreprise, la LNH devra aussi répondre à plusieurs questions si des joueurs sont condamnés.

La ligue a voulu se donner bonne conscience en suspendant pour 41 matchs un joueur – Shane Pinto, des Sénateurs – pour des paris sportifs qui n’étaient pas sur du hockey.

Si la LNH était aussi conséquente, elle aurait agi plus promptement pour écarter des joueurs liés à un scandale sexuel épouvantable.

Dans n’importe quelle entreprise sérieuse, ce serait impossible de maintenir en poste un employé lié à un viol collectif.

Oui, il y a la présomption d’innocence, mais nos tribunaux (au Canada du moins) permettent aux employeurs de suspendre pour fin d’enquête sur les employés*. C’est ce qu’a tranché la Cour suprême en 2004. 

Aussi, une entreprise peut suspendre des employés pour protéger sa réputation. Légalement, ça se défend ainsi. 

Une entreprise qui se respecte agirait ainsi. La LNH, c’est autre chose.

* Arrêt Cabiakman c. Industrielle-Alliance Cie d’Assurance sur la Vie

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