Vincent Desharnais jouera un premier match en finale


Dave Lévesque
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SUNRISE | Vincent Desharnais a été laissé de côté lors des quatre derniers matchs des Oilers et il ne le cache pas, il n’a pas aimé l’expérience.
«Je ne vais pas mentir, c’est nul et frustrant. Dans ce temps-là, tu es content parce qu’on gagne, mais tu veux aussi faire partie de la solution. J’ai essayé d’apprendre le plus possible et de chercher les petits détails sur lesquels je pouvais travailler», a-t-il raconté lundi matin.
Il sortait alors de la glace après l’entraînement matinal de l’équipe de l’Alberta où il était jumelé à Darnell Nurse sur un duo défensif.
C’est donc dire que le Québécois a retrouvé sa place dans l’alignement pour le second match de la finale de la Coupe Stanley face aux Panthers de la Floride. Il a pris la place de Cody Ceci, qui a connu une première partie difficile avec Nurse. Les deux défenseurs ont été sur la glace pour les deux premiers buts des Panthers.
Expérience passée
S’il n’était pas heureux de la situation, il l’a bien dissimulé puisque dimanche, Mattias Ekholm vantait son attitude positive autour de ses coéquipiers.
Si Desharnais gère si bien la situation, c’est parce qu’il a bien traité des problèmes de santé mentale qu’il a vécu dans le passé. À l’université, il a commencé à vivre des épisodes d’anxiété et à sa première saison professionnelle, une commotion cérébrale a dégénéré en dépression.
«Au début, je n’en ai parlé à personne, mes parents ne le savaient pas, j’ai gardé ça pour moi, et c’est ce qui a fait que ç’a empiré. J’étais gêné, je suis un joueur de hockey, je ne voulais pas en parler, mais quand j’en ai finalement parlé, un poids s’est enlevé de mes épaules», a-t-il confié il y a quelques jours.
«Puis, après ça, j’en ai parlé à un médecin. Sa réaction m’a tellement mis en confiance, j’ai réalisé qu’ils étaient là pour mon bien-être et pour m’aider à aller chercher les outils dont j’avais besoin. Je suis tellement reconnaissant d’être passé par là, d’avoir eu cette expérience-là. Ç’a été un point tournant pour moi, je suis devenu moins difficile envers moi et plus fier de moi.»
En profiter
Quand Kris Knoblauch l’a écarté de la formation lors du quatrième match contre les Stars de Dallas en finale de l’Ouest, Desharnais était bien outillé pour affronter la situation.
Il a notamment dû gérer les commentaires des proches qui se voulaient encourageants, mais qui auraient pu le propulser dans une spirale négative et il ne le regrette pas.
«T’as plein d’émotions qui se passent, puis là tu parles à tes amis et à ta famille et ils ne t’aident pas vraiment en te disant que tu devrais jouer. Tu entres dans un cycle qui est négatif, puis après 24 heures, j’ai vraiment fait un effort, j’ai parlé à ma famille, j’ai dit: “OK, là, c’est fini. C’est hors de mon contrôle, tout ce que vous me dites, ça ne m’aide pas.”
«Tout ce dont j’ai besoin, c’est d’être positif et je suis fier de moi et de comment j’ai réagi parce qu’après ça, tu peux en profiter. On a gagné le match numéro six à Edmonton et j’ai pu en profiter, je ne pensais même plus au fait que je ne jouais pas, on s’en fout. Je fais partie des Oilers, j’ai joué 78 matchs et 15 autres en séries, j’ai joué un rôle pour que l’équipe se rende ici et j’en suis fier.»
Pas en touriste
Ainsi, Desharnais goûtera à son premier match de la finale lundi et il n’est pas question de le faire en touriste.
«Je ne suis pas ici juste pour participer à la finale, je veux gagner et la meilleure façon de le savourer, c’est d’être dans l’action. Je dois jouer mon match sans me laisser emporter par les émotions.»
Il savait que son tour allait venir, alors sa préparation mentale était en conséquence.
«Les deux derniers matchs, je me tenais prêt et je me préparais comme si j’allais jouer. J’essaie de rester le plus équilibré et positif possible.»