VIDÉO | «Je sais qu’en passant à “La Voix”, je vais recevoir des commentaires grossophobes» –Sarah Bourdon

Guillaume Picard
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Sarah Bourdon est arrivée aux auditions à l’aveugle avec la volonté d’assumer pleinement qui elle est et avec l’espoir de donner une «ultime» chance de faire décoller sa carrière solo.
S’assumer, dans sa bouche, ça signifie s’accepter tel qu’elle est, jusque dans sa diversité corporelle.
En entrevue avec l’Agence QMI, Sarah a d’ailleurs abordé sans détour son surplus de poids qui, à l’ère de l’image parfaite que nous renvoient les médias sociaux, peut stopper même les plus doués.

«Aujourd’hui, on parle davantage de diversité corporelle, mais il y a quelques années, on était plus dans le non-dit. Mon problème de poids est apparu très jeune et il y avait une pression sociétale qui faisait en sorte que je me freinais. J’ai passé bien du temps à me cacher, entre guillemets. On t’inculque que les grosses personnes dans la société n’ont pas tant de place», a raconté Sarah, qui a compris plus tard sa réelle valeur.
«Aujourd’hui, j’ai 40 ans et je peux te dire que tout va bien, et je sais qu’en passant à La Voix, je vais recevoir des commentaires grossophobes. Je suis prête à prendre ça, plus qu’à l’époque où j’ai commencé. Quand t’es jeune, tu penses que t’es pas correcte, qu’il faudrait que tu ressembles à quelqu’un d’autre...»
Même si le Québec a fait du chemin, collectivement, dans l’accueil de toutes les diversités, les préjugés sont tenaces et alimentent souvent l’insulte facile.

«On n’est pas toujours à manger de la crème à glace ou à être assis sur notre steak. Je souhaite mettre de l’avant que je ne me sens plus mal d’être qui je suis, je suis full assumée, et j’ai plein de belles choses à partager», a-t-elle ajouté, décrivant qu’au début de la vingtaine, quand un producteur l’a découverte après qu’elle a notamment participé au concours Ma première Place des Arts, elle n’abordait pas la vie avec la même assurance.
«Toute ma vingtaine, c’est comme si je mettais les orteils à l’eau pour voir si j’allais être correcte et y aller. Il y avait là-dedans un besoin d’approbation; j’avais tellement besoin de validation. Maintenant, non», a dit Sarah, qui est originaire de Saint-Hyacinthe.
Maman depuis trois ans et choriste depuis une décennie sur le plateau de l’émission Y’a du monde à messe, l’auteure-compositrice-interprète compte trois albums à son actif, parus sous étiquette Audiogram.
L’accueil du dernier, Vallée d’argent, l’a toutefois refroidie, en 2017, sans qu’elle renonce pour autant à faire résonner sa voix. En plus de l’émission de Télé-Québec, l’artiste montréalaise fait de la voix à la pige, accompagne des artistes en tournée et crée des arrangements de chœur. Et elle continue d’écrire.
«Mon dictaphone et mon application Notes débordent; j’ai des bribes de textes par-ci par-là. Et mon cerveau pense musique, il y a toujours de la musique dans ma tête.»
Dimanche, au terme de son audition à l’aveugle qui a charmé les quatre coachs avec la chanson I Can’t Make You Love Me, de Bonnie Raitt – France D’Amour lui a dit qu’elle l’interprétait mieux que la chanteuse américaine –, Sarah a choisi d’intégrer l’équipe de Roxane Bruneau. «Elle me regardait les deux yeux dans l’eau, elle m’a dit des choses tellement enveloppantes», a justifié Sarah.

Elle est arrivée sur scène avec toute son expérience et confiante en ses moyens entre autres parce qu’elle connaissait des musiciens sur l’émission, dont le directeur musical Antoine Gratton. Elle avait déjà rencontré Mario Pelchat, il y a un bail, quand elle avait fait des premières parties de Nadja, que le coach de La Voix produisait.
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