Victoire : un cri qui a résonné jusqu’au Centre Bell


Patric Laprade
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L’entraîneuse-cheffe de la Victoire, Kori Cheverie, a souvent dit que l’ambiance à la Place Bell peut devenir tellement survoltée qu’elle peut à peine entendre les gens autour d’elle.
Moi-même il va m’arriver de faire répéter un de mes collègues sur la galerie de presse tellement l’ambiance est à son comble.
Mais samedi en fin d’après-midi, en prolongation, Maggie Flaherty a crié tellement fort pour avoir la rondelle que même sur le banc, ses coéquipières et sa coach l’ont parfaitement entendu.
La rumeur dit que même les partisans réunis devant le Centre Bell l’ont entendu !
Le cri de la joueuse de défense était dirigé vers une seule personne, Marie-Philip Poulin. Dès que Poulin a reçu la rondelle d’Abby Roque, quatre joueuses de la Charge se sont dirigées vers elle.
Normal.... C’est Marie-Philip Poulin !
Elle a entendu sa coéquipière s’époumoner, l’a vu du coin de l’œil et lui a servi une passe si précise qu’elle aurait rendu jaloux le champion de dards Stephen Bunting. Le bâton de Flaherty n’est peut-être pas fait de titanium, mais la rondelle s’est tout de même retrouvée directement sur sa palette et son tir sur réception, l’un des plus pesants de la ligue, n’a laissé aucune chance à la gardienne Gwyneth Philips.
Alors que le banc se vidait, le visage de Kori Cheverie, capté par la caméra, démontrait un mélange de joie et de soulagement.
À juste titre.
En l’espace de quelques jours, son équipe est passée d’être à une défaite de se faire éliminer à une victoire de mettre la main sur une première coupe Walter.
Poulin, une humilité sincère
Mais je veux revenir sur cette passe de Poulin.
Cette précision chirurgicale, sous pression, est assez phénoménale.
Après le match, Kati Tabin et Maggie Flaherty expliquaient le tout en disant simplement qu’elle était « Pou » et qu’elle avait des yeux derrière la tête.
Questionnée sur ses réactions en entendant ses coéquipières lui témoigner une telle admiration, Poulin a répondu qu’il était temps de terminer le point de presse !
S’il y a une chose que tu apprends rapidement lorsque tu couvres la Victoire de Montréal, c’est de ne pas demander à Poulin de parler d’elle-même. L’extrait ne sera pas long !
Elle va te parler de tout le monde, elle va t’expliquer comment elle a vu le jeu, mais elle devient profondément malaisée lorsque vient le temps de parler de ses propres exploits.
Et ce n’est pas par fausse modestie. Elle est probablement l’athlète au sommet de son sport la plus sincèrement humble.
Alors, permettez-moi d’en parler de ses exploits des deux dernières semaines.
· Sept points en autant de matchs, lui procurant ainsi le premier rang des pointeuses en séries.
· Deux buts gagnants : en prolongation dans le deuxième match contre Minnesota et en début de troisième dans le match ultime de cette demi-finale.
· Demander à Catherine Dubois de se déplacer, remporter la mise au jeu et l’envoyer directement sur la palette de Dubois (qui marquera) dans le match numéro cinq contre le Frost.
· Initier un jeu qui permettra à l’équipe d’égaliser la marque avec 2.1 secondes à faire jeudi dernier.
· Et je ne parle même pas du leadership et des dizaines d’autres détails qui la rendent qui elle est. Tout ça alors qu’elle n’est pas à 100 %.
Mais tous ces exploits, vous ne les entendrez jamais de sa bouche.
Les partisans répondent présents
Un match en après-midi, un samedi, quand le Canadien joue à l’étranger à 20h, est de bien meilleures conditions pour attirer plus de spectateurs à la Place Bell.
Ce sont donc 9232 personnes qui étaient présentes au match numéro deux de cette série finale. Il s’agit d’une excellente foule. Aucun doute là-dessus.
Toutefois, si je la compare avec les autres matchs en séries éliminatoires, elle se classe deuxième derrière le premier match de la série demi-finale face au Minnesota, également un samedi à 14h.
Et si je la compare aux foules de la saison régulière, elle se classe au huitième rang, ce qui inclut cinq salles combles de 10 172 partisans.
Alors oui, ne pas faire face aux Canadiens aide. Mais le prix des billets, en finale particulièrement, a plus que son rôle à jouer. Et pour certaines personnes, à défaut d’aller voir toutes les parties en séries, on a dû faire des choix.
Je suis peut-être redonnant dans mes propos, mais une partie de moi trouve quand même ça spécial que la finale de la ligue n’attire pas une salle comble.
Des balais à Ottawa ?
Ce qui a peut-être influencé les gens à se déplacer samedi c’est que ce match pourrait être le dernier de la saison 2025-2026 à domicile pour la Victoire.
Dans la mesure où Montréal remporte l’un des deux matchs prévus à Ottawa lundi et mercredi, l’équipe mettra la main sur la coupe Walter.
Et si Montréal bat la Charge lundi au Canadian Tire Center, l’équipe pourrait ainsi devenir la première équipe à balayer une série finale.
La première année, Minnesota avait défait Boston en cinq matchs. L’an dernier, c’était en quatre matchs que le Frost s’était débarrassé d’Ottawa.
Alors si vous faites le voyage vers Ottawa lundi, amenez vos balais !
Dans les notes de mon iPhone
- La Victoire n’a affronté que des gardiennes américaines en séries éliminatoires. Aerin Frankel la première année. Gwyneth Philips la deuxième. Et Maddie Rooney et Philips encore une fois cette année.
- Il s’agit d’un huitième match qui se termine en prolongation pour la Victoire, et ce, sur 14 matchs en séries éliminatoires.
- En incluant les finales des deux dernières saisons, c’est un sixième match consécutif qui demande une prolongation en finale de la LPHF.
- Gabbie Hughes, qu’on blâme pour la blessure qu’a subie Laura Stacey jeudi, a été une joueuse ciblée tout au long de la rencontre. Entre autres, Poulin lui a servi un solide double-échec devant le filet d’Ottawa.
- Parlant de Laura Stacey, la guerrière a continué d’impressionner avec cinq tirs au filet et là-dessus, je ne compte pas l’échappé qu’elle a eu en désavantage numérique qui ne s’est pas soldé par un tir, de même qu’une barre horizontale. Encore plus impressionnant, elle a joué plus de 25 minutes. S’il y en a une qui mérite que la série se termine en trois pour qu’elle puisse se reposer, c’est bien elle !