Victoire du relais 4x100m: «J'aurais pu avoir une crise cardiaque»


Richard Boutin
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PARIS La patience a valu le coup pour Bruny Surin qui dit avoir vécu des Jeux olympiques exceptionnels.
«Je capote, a illustré le chef de mission du Canada et médaillé d’or au relais 4x100m aux Jeux d’Atlanta en 1996. Ça fait longtemps que j’attendais cette opportunité et j’ai vécu un rêve. Mon expérience a surpassé mes attentes.»
Comme chef de mission, Surin a vécu des moments très forts. La victoire du relais 4x100m vendredi soir au Stade de France est l’un d’eux. «Ce fut une soirée magique, a-t-il résumé. J’avais une petite inquiétude parce que personne n’avait atteint la finale au 100m et au 200m, et Andre [De Grasse] ne concluait pas de la façon [à laquelle] il nous avait habitués.»
Surin a changé d’état d’esprit une fois arrivé au Stade France. «Habituellement calme, j’ai sorti de ma zone de confort en me levant avec mon drapeau canadien pour encourager l’équipe. Quand Aaron Brown [le premier relayeur] est entré dans le stade, il m’a vu et il m’a fait un signe d’un gars déterminé. Je me suis dit: on est capable.»
«Après le premier relais, je me suis demandé: peut-on gagner? poursuit Surin. Après la courbe, je me suis dit: on va gagner. Comme à Atlanta, les Canadiens n’étaient pas les favoris, mais la chimie d’équipe a fait la différence. Les Américains n’ont pas de chimie d’équipe. J’aurais pu avoir une crise cardiaque tellement les émotions étaient fortes. Même si j’ai essayé fort, je n’ai pas dormi de la nuit.»
Surin avait apporté à Paris un témoin qui a servi de symbolique lors de son entretien avec l’équipe avant le début des Jeux. Un symbole d’unité et d’esprit d’équipe. Il a fait signer le témoin par les quatre relayeurs du Canada et il se fera un plaisir de lui réserver une place de choix dans un cadre à son retour à la maison.
Célébrations avec la famille de Maude Charron
Présent, jeudi, à l’haltérophilie, Surin a célébré la médaille d’argent avec la famille de Maude Charron. «Parce que les poids changeaient sur le tableau, je n’étais pas certain si Maude avait gagné une médaille, a-t-il raconté. Quand j’en ai eu la certitude, je me suis tourné vers la famille de Maude derrière moi, qui était discrète, et je leur ai dit: célébrons! Ce fut un beau moment. J’ai aussi vécu de bons moments avec la famille de Skylar Park lors de sa médaille de bronze en taekwondo.»
Un message d’espoir
S’il y a eu des célébrations dans la quinzaine de Surin, il y a également eu des moments plus difficiles. Il s’est rendu à Saint-Étienne quand les sanctions de la FIFA sont tombées à l’encontre de l’équipe féminine de soccer.
«Je voulais être présent pour les joueuses. Avant le match contre la France, je leur ai parlé de relever un défi. Comme dans une course, elles partaient deux pas en arrière, mais elles ont décidé de se battre et d’aller jusqu’au bout. Dans le bus lors du retour à l’hôtel après leur victoire contre la France, les filles m’ont dit que mon message avait été perçu comme une médaille.»