Victoire des Hoosiers de l’Indiana au match de championnat de la NCAA: «Je ne pensais jamais, jamais voir ça de mon vivant»


Richard Boutin
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Entouré de ses parents et de son fils, un Montréalais a vécu des moments complètement fous quand les Hoosiers de l’Indiana ont remporté le premier titre national de leur histoire en disposant lundi soir des Hurricanes de Miami par le score de 27-21 dans une rencontre qui a gardé tout le monde sur le bout de son siège jusqu’à la fin.
Anciens des Hoosiers de 2001 à 2004 à une époque où les victoires se faisaient plutôt rares, Martin Lapostolle n’aurait jamais pensé vivre une telle consécration. «Je n’aurais jamais, jamais pensé possible que les Hoosiers remportent un titre national de mon vivant, a raconté l’ancien joueur de ligne défensive des champions de la NCAA. Je suis vidé émotionnellement. Encore ce matin, je suis fatigué. Quand tu perds sans arrêt, tu as de la difficulté à recruter et ça devient un cercle vicieux.»

Ce fut une victoire qui a créé beaucoup d’émotions pour Lapostolle. «C’est tellement émouvant, cette victoire», a exprimé le choix de cinquième ronde (38e au total) des Blue Bombers de Winnipeg en 2005. «Pendant toutes ces années quand l’équipe était poche, j’ai toujours porté mes couleurs que personne ne connaissait. À deux reprises dans les jours précédant le match, des gens m’ont lancé “Go Hoosiers”. J’ai compris qu’il se passait quelque chose.»
Des souvenirs touchants qui remontent à la surface
Lapostolle voulait vivre ce moment qui demeurera gravé dans sa mémoire à jamais en famille. «On se sentait comme la journée où mes parents sont venus me reconduire sur le campus. Mes parents ont assisté à mon dernier match en 2004. Ce matin [mardi], ma mère m’a dit qu’elle se sentait lundi soir comme lorsqu’elle se retrouvait dans les gradins pour assister à mes parties.»
Ayant terminé des études en finances il y a plus de 20 ans, Lapostolle a conservé des liens très étroits avec ses coéquipiers. «J’ai parlé avec mes deux anciens colocataires et meilleurs chums avant le match et on se disait qu’on allait les massacrer, a-t-il raconté. J’ai rapidement compris que Miami avait une bonne équipe. Leur ligne défensive est incroyable.»
Lapostolle a suivi de près le parcours de son alma mater. Il a notamment assisté à la victoire des Hoosiers dans le match de championnat du Big Ten face aux Buckeyes d’Ohio State.
«À chaque bon jeu, je faisais une caresse à mon fils et un hug à mon meilleur chum. Nous sommes demeurés très proches. Mon fils me disait que c’était comme si on s’était vus la veille alors que je n’avais pas vu Kris depuis dix ans. Les liens d’amitié que nous avons développés sont tellement forts. Quand je me suis levé, mardi, j’avais 200 messages textes. J’ai beaucoup pensé à me rendre à Miami, mais je suis resté à Montréal pour le travail.»
Le garde Kris Dielman, qui a accueilli Lapostolle lors de sa visite de recrutement, a évolué neuf ans dans la NFL avec les Chargers de Los Angeles et il a été sélectionné au Pro Bowl à quatre reprises.
Il voulait tracer son propre chemin
Après une brillante carrière avec les Spartiates du Vieux Montréal, Lapostolle avait quelques offres intéressantes sur la table, notamment de Michigan State, Wake Forrest et Northwestern, mais il a opté pour Indiana.
«Je voulais aller dans un endroit où aucun Québécois n’avait joué, a-t-il expliqué. Marc [Santerre] connaissait bien l’entraîneur-chef à Indiana et c’est une des meilleures écoles en finances aux États-Unis. Le choix était clair. Indiana était une place incroyable pour l’épanouissement d’un étudiant-athlète.»
«À part les victoires qui étaient rares, je suis certain que je suis le Québécois qui a eu le plus de fun pendant cette période dans la NCAA, de poursuivre Lapostolle. J’ai eu beaucoup de plaisir. La revue Playboy avait même identifié Indiana comme la meilleure université pour le party à mes deux premières saisons.»