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Verglas: est-il temps d'enfouir nos fils électriques?

Photo portrait de Mario Dumont

Mario Dumont

2023-04-07T04:00:00Z

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Damné verglas ! C’est la première fois depuis le Grand verglas de 1998 que le Québec dépasse le million d’abonnés privés de courant. Dans certains secteurs isolés, les citoyens risquent d’attendre quelques jours avant d’être rebranchés.

C’est le troisième événement majeur en moins d’un an. En mai dernier, le derecho avait privé de courant jusqu’à un demi-million d’abonnés. Juste avant Noël, une tempête de neige et de vents violents causait des dommages qui ont occasionné près de 400 000 pannes.

Chaque fois, des voix se lèvent pour réclamer l’enfouissement des fils électriques. Logique, lors d’événements météo extrêmes, 90 % des pannes sont provoquées par la végétation, des branches s’abattent sur les fils et les équipements.

Simple en apparence : si les fils électriques se retrouvaient sous terre, nous aurions la paix ! De surcroît, plusieurs y voient un bénéfice supplémentaire : l’esthétique. Les poteaux et les fils ne font pas partie des joyaux qui embellissent le paysage de nos villes.

Pas si simple...

Malheureusement, ce n’est pas si simple. D’abord, si Hydro-Québec décidait de lancer une opération tous azimuts d’enfouissement de tous les fils, on parle de sommes astronomiques. L’ancien président d’Hydro-Québec Éric Martel avait mentionné une évaluation qui arrivait à une facture de 100 milliards.

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Cent milliards, c’était avant l’inflation et la pénurie de main-d’œuvre, sans inclure d’éventuels dépassements de coûts. Cent milliards de dollars, cela représenterait des hausses de tarifs effrayantes.

Au-delà des coûts, il y a d’autres questionnements. L’enfouissement réduit la fréquence des pannes. Mais rien ne peut réduire à zéro les risques de bris du matériel. Or, une intervention en hiver sous une couche de neige et un sol gelé devient nettement plus compliquée.

Les experts affirment aussi que la durée de vie d’un réseau souterrain est inférieure et non supérieure, à un réseau au grand air. L’usure y est accélérée. Y a-t-il moyen d’améliorer les techniques et les matériaux ? Probablement.

Les Européens se sont posé les mêmes questions. On peut trouver une multitude de rapports dans des pays nordiques, comparables au Québec, qui soulèvent les complexités liées à l’enfouissement.

Néanmoins, une fois tout considéré, ils ont décidé d’aller de l’avant. Dans l’ensemble de l’Europe, c’est environ 40 % des lignes électriques qui sont enfouies. Et ils continuent.

Après le Grand verglas de 1998, la commission Nicolet avait envisagé l’enfouissement des fils. Le point de blocage fut le financement de l’opération.

Or, les choses ont évolué. Les événements destructeurs sur notre réseau coûtent très cher. Hydro-Québec dépense des dizaines de millions de dollars pour réparer les dégâts ainsi que des dizaines de millions de dollars en prévention pour élaguer la végétation le long du réseau.

L’heure est venue de refaire une réflexion sérieuse sur l’enfouissement. Sans lancer une opération générale, devrions-nous dès qu’on excave une rue pour les autres services en profiter pour enfouir les fils ?

L’heure est venue de réévaluer la technologie et les coûts en profondeur. Et de se donner un plan en conséquence.

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