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Venus d'ailleurs pour nous soigner: des enseignants tout aussi dépaysés que leurs étudiants

La coordonnatrice pédagogique de la mise à niveau en soins infirmiers au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, Jade Néron, trouve le contact avec ses nouveaux étudiants «très enrichissant».
La coordonnatrice pédagogique de la mise à niveau en soins infirmiers au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, Jade Néron, trouve le contact avec ses nouveaux étudiants «très enrichissant». Photo Agence QMI, Émilie Parent-Bouchard

Émilie Parent-Bouchard

2023-01-21T05:00:00Z

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L’arrivée d’infirmières étrangères au Québec n’est pas seulement un dépaysement pour ces nouveaux arrivants, mais aussi pour les enseignants chargés de leur mise à niveau.

• À lire aussi: Des infirmières venues d'ailleurs à la rescousse de notre système de santé

Dès qu’elle a entendu parler du projet visant à assurer une formation à ces personnes recrutées à l’international, l’infirmière clinicienne et enseignante en soins infirmiers Jade Néron a levé la main pour y participer. 

«La mission me parlait. J’avais le goût de vivre quelque chose de nouveau en lien avec l’enseignement régulier», dit celle qui agit comme coordonnatrice pédagogique pour la cohorte de 40 infirmières arrivées en Abitibi-Témiscamingue cet automne. 

Photo Agence QMI, Émilie Parent-Bouchard
Photo Agence QMI, Émilie Parent-Bouchard

Pour l’enseignante, cette expérience est significative tant du point de vue humain que du point de vue professionnel. «C’est très enrichissant de voir comment se fait l’évaluation de la douleur chez eux, comment ils font différents traitements», souligne Mme Néron. 

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Autonomie à acquérir

Si les nouveaux arrivants sont très forts du point de vue théorique, Jade Néron croit que c’est plus particulièrement au niveau de l’autonomie professionnelle et du contexte dans lequel s’exercent les soins infirmiers au Québec que la mise à niveau des compétences est nécessaire. 

Photo Agence QMI, Émilie Parent-Bouchard
Photo Agence QMI, Émilie Parent-Bouchard

«Je pense qu’ils étaient dans un contexte un peu plus rigide au niveau de la hiérarchie. Le médecin prenait les décisions importantes, demandait rarement l’avis des infirmiers. Alors qu’ici, c’est complètement le contraire. Je pense que ça, c’est nouveau et que c’est cette pratique multidisciplinaire, cette autonomie qui les surprend.» 

De grands défis

Selon elle, l’aspect communication peut aussi représenter un défi, notamment en ce qui a trait aux termes médicaux ou aux symptômes. Elle cite l’exemple du «mal de cœur», une expression qui, pour ses étudiants, fait référence à une défaillance cardiaque plutôt qu’à de simples nausées. 

«Je ne me serais pas vue les laisser aller seuls du jour au lendemain, pas parce qu’ils ne sont pas assez compétents, mais c’est vraiment au niveau du langage, de notre philosophie de soins, de notre approche, de comment on évalue, comment on discute avec les patients», dit-elle, ajoutant qu’ils ont aussi été surpris de voir ce qu’est un CHSLD alors que chez eux, les aînés restent le plus souvent avec la famille.

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