Vélo: Les pneus surdimensionnés décortiqués

Amélie Deschênes
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Le vélo à pneus surdimensionnés se pratique 12 mois par année, à condition qu’il soit bien chaussé en hiver comme en été.
Inutile d’attendre l’hiver pour chevaucher ces vélos à gros pneus. Il est possible de s’en procurer un dès maintenant et de l’utiliser aussitôt. En raison de l’équilibre retrouvé entre l’offre et la demande, les désirs des acheteurs sont rapidement comblés, indique Benoît Harvey, conseiller et positionneur chez Mathieu Performance.
Pour une utilisation quatre saisons, il faut toutefois posséder deux paires de pneus distinctes, afin que rouler soit aussi agréable à -25 °C qu’à 25 °C.
« La majorité des compagnies nous livrent les vélos chaussés de pneus d’été, avec des gommes dures », explique M. Harvey.

Cette dureté du caoutchouc donne une durabilité et une adhérence lors des températures estivales. Pédaler dans le froid de l’hiver requiert plutôt des pneus dont la gomme sera molle et souple pour bien mordre dans la neige.
Par ailleurs, un pneu plus large (environ 5 pouces) favorisera le flottement et le roulement du vélo sur la neige. À l’inverse, les pneus plus étroits (3 pouces) conviendront davantage à la gravelle, aux surfaces très dures et sèches.
Pneus cloutés pour l’hiver

Les pneus cloutés sont de plus en plus populaires en hiver, notamment parce que la neige tombée dans les sentiers n’est plus tapée lors de l’entretien des pistes. Elle est désormais retirée en prenant soin de garder une couche de fond bien dure de quelques centimètres. Les cyclistes roulant ainsi sur une structure glacée qui demeure ferme plus longtemps, leur expérience est plus agréable et permet de gagner plus de vitesse, comme sur une surface de béton, compare M. Harvey.

Toutefois, les cyclistes qui conduisent un vélo avec des pneus en caoutchouc (sans clous) peuvent se faire surprendre par une surface glacée et glisser, poursuit-il.
« On jumelle alors une gomme molle pour conserver la souplesse à basse température et les clous pour profiter d’une meilleure adhérence sur la glace. »
Certains pneus se vendent déjà garnis de clous, d’autres sont prépercés de façon à permettre d’y insérer les clous (de 150 à 350 clous par pneu selon le modèle, à 0,90 $ chacun) à la main.
De plus, l’espacement entre les crampons et la taille de ceux-ci auront une incidence sur l’expérience à vélo. Si un cycliste souhaite un pneu « roulant » pour se déplacer efficacement, il privilégiera un pneu doté de petits crampons rapprochés, placés de façon linéaire.
S’il désire plus d’adhérence pour circuler sur les terrains plus mous, il préférera un pneu présentant de gros crampons espacés disposés de façon perpendiculaire, qui permettra aussi de libérer la boue et la neige accumulées. Les crampons peuvent être différents sur les deux pneus, selon le type de sportif.
« La notion la plus importante si on veut avoir du plaisir est d’avoir la bonne pression dans les pneus, pour profiter d’une bonne adhérence et d’une bonne flottabilité sur la neige », affirme M. Harvey.
La bonne pression
Pour des pneus d’environ cinq pouces de largeur, il conseille de mettre en pratique la règle du 25, c’est-à-dire de diviser par 25 le poids (en livres) du cycliste, puis d’ajouter à la réponse obtenue 0,5 livre pour déterminer la pression de pneus requise à l’arrière, puis de retirer 0,5 livre pour obtenir la pression nécessaire à l’avant. Par exemple, pour un cycliste de 150 livres (150 divisé par 25 = 6), la pression du pneu arrière devrait être de 6,5 livres et celle du pneu avant de 5,5 livres.
Et surtout, « il est important de vérifier la pression des pneus à la température à laquelle ils seront utilisés, donc juste avant de rouler », indique M. Harvey. « Un bon pneu, c’est bien, mais avoir la bonne pression des pneus, c’est plus avantageux », ajoute-t-il.