Veille de guerre contre l’Iran

Loïc Tassé
Partager
La tension a encore monté d’un cran dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. La guerre paraît de plus en plus inéluctable.
Les dirigeants de l’Arabie saoudite, très écoutés par Donald Trump, avaient jusqu’à présent mis en garde contre l’usage de la force contre l’Iran.
Le site d’information Axios rapporte que lors d’une rencontre d’information tenue vendredi à Washington, le ministre de la Défense saoudien, Khalid Ben Salman, qui est aussi le frère cadet de Mohammed Ben Salman, aurait soutenu le contraire. Selon lui, ne pas bombarder l’Iran renforcerait le régime iranien.
D’autre part, les États-Unis continuent à masser des troupes aux frontières de l’Iran. Trump cherche à détruire le programme nucléaire iranien et possiblement à renverser le régime.
Les politiques de Trump à l’égard de l’Iran sont surtout motivées par la défense d’Israël et par l’appât des gains que sa famille et ses amis pourraient tirer des ressources énergétiques iraniennes en cas d’assouplissement ou de renversement du régime.
Manque d’appuis
Les dirigeants iraniens ne peuvent compter que sur un petit nombre d’appuis importants dans le monde. Parmi eux la Chine, qui tire profit du commerce avec l’Iran, et la Russie, qui dans sa guerre contre l’Ukraine utilise massivement des drones iraniens.
L’opinion mondiale est défavorable au régime, étant donné les massacres répétés des ayatollahs contre le peuple iranien.
Avec raison, plusieurs pays reprochent à l’Iran d’avoir déstabilisé la région, par exemple en armant le Hezbollah et le Hamas.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Quant aux Iraniens eux-mêmes, ils n’en peuvent plus d’être étouffés par le totalitarisme religieux auquel ils sont soumis. À ceci s’ajoute l’incompétence crasse des ayatollahs qui, en plus, s’enrichissent sans vergogne aux dépens de leur population.
À cet égard, l’opposition iranienne colporte que les Gardiens de la révolution disposeraient d’un pactole équivalent à 200 milliards de dollars américains. Or, devant les menaces d’attaque américaine, des dirigeants iraniens auraient commencé à sortir leur argent du pays.
Alignement rare
L’échec des précédentes négociations nucléaires avec l’Iran, la réprobation internationale contre ce pays, la convoitise envers ses richesses énergétiques, le faible soutien des Iraniens au régime, les défaites récentes du Hamas et du Hezbollah et le récent succès de Trump au Venezuela forment un alignement d’étoiles idéal pour inciter les États-Unis à intervenir militairement.
La Chine, avec ses purges militaires, et la Russie, affaiblie par la guerre en Ukraine, ne peuvent pas beaucoup aider l’Iran.
C’est peut-être cet alignement rare qui a poussé les dirigeants saoudiens à retourner leur veste.
À moins d’une improbable reddition de l’Iran, la question n’est plus de savoir si l’attaque aura lieu, mais quand elle se produira.
Ce week-end, l’ayatollah Khamenei a averti qu’une attaque américaine contre l’Iran déclencherait une guerre régionale. C’est peu probable.
Les dirigeants iraniens se bercent d’illusions s’ils croient pouvoir résister longtemps à une attaque de l’armée américaine.