La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a assuré mercredi qu’elle ne compte pas laisser la métropole «devenir le terrain de jeu des criminels», au lendemain de deux meurtres commis en plein jour à une demi-heure d’intervalle.
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«Même si tout porte à croire que c’était des règlements de comptes du crime organisé. On ne va pas se le cacher, on a évité le pire. Il y aurait pu avoir des victimes innocentes», a exprimé la mairesse Plante en conférence de presse, visiblement affectée par les récents événements.
Les fusillades et les meurtres qui se succèdent depuis des semaines usent les Montréalais, a reconnu la mairesse.
«Ce qu’on entend, c’est que le sentiment de sécurité est affecté. Je suis d’accord avec eux», a fait valoir Mme Plante, qui a rencontré des commerçants de la rue Saint-Denis mardi qui lui ont partagé leurs inquiétudes. Malgré tout, la mairesse juge que la ville demeure sécuritaire.
Mme Plante a indiqué être en discussion avec les gouvernements du Québec et du Canada, et que des mesures «concrètes» seront bientôt annoncée, notamment pour le recrutement d’effectifs et pour augmenter les ressources financières.
«Tous les corps de police du Québec ont de la difficulté à recruter, et on demande une solution à la source, à l’École nationale de police. Une solution adaptée à Montréal», a révélé Mme Plante.
Elle indique également avoir réitéré sa demande au gouvernement fédéral pour qu’il bannisse les armes de poings, qu’il en fasse davantage pour lutter contre les armes fantômes, et qu’il renforce la sécurité aux frontières.
«Il faudrait que les peines soient décourageantes. On a vu l’histoire de [William Rainville] qui a eu une peine de cinq ans et qui s’en tire avec quelques mois. Ça n’a aucun bon sens», a dénoncé Mme Plante, en faisant référence à ce jeune homme arrêté en 2021 avec 248 pistolets.

Changement de ton
L’idée de recruter davantage de policiers montre un changement de ton pour la mairesse. Mardi, elle maintenait que les policiers étaient en nombre suffisant à Montréal.
«Avec la guerre de chiffres qu’elle a eue avec le syndicat, et les fusillades d’hier, je pense qu’elle a été obligée de piler sur les principes de sa base électorale. Je sens un petit virage, mais je ne pense pas que c’est suffisant pour ramener la confiance des policiers», a analysé Stéphane Wall, un superviseur retraité du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
En nombre absolu, le nombre de policiers à Montréal serait en diminution, si on en croit la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM). Dans une lettre ouverte adressée à la mairesse lundi, Yves Francoeur, qui en est le président, réclamait davantage d’embauches, alors que le SPVM compterait 72 policiers de moins dans ses rangs qu’il y a 10 mois.
Un total de 4338 policiers seraient présentement actifs, alors que le plafond autorisé par le gouvernement est fixé à 4802 policiers.
«Il faut que l’administration municipale regarde à retenir ses policiers, mais aujourd’hui on n’a pas vu de mesure de rétention», a pondéré M. Wall, qui estime également que peu de diplômés veulent travailler au SPVM, en raison du «climat social».
Interrogée à savoir si les policiers sont en nombre suffisant, la cheffe du SPVM, Sophie Roy, a expliqué que ce ne sont pas uniquement les effectifs qui régleront la situation, mais «qu’elle va toujours en prendre».
«Je suis préoccupé par la fatigue, mentale et physique, de nos policiers lorsque vient le temps de poursuivre cette mission. Ça peut avoir un impact sur la santé de nos policiers, mais à l’heure actuelle, ils n’ont jamais baissé les bras», a-t-elle dit.
Dans son rapport annuel, le SPVM a répertorié 144 décharges d’armes à feu pour l’année 2021, soit une chaque 2,5 jours. Il n’y en avait eu que 71 pour l’année 2020.
