Valérie Chevalier et Matthieu Simard unissent leurs idées et leur créativité pour écrire un roman à quatre mains, «Presse-jus»
Un savoureux échange épistolaire entre deux personnages


Marie-France Bornais
Partager
Deux figures importantes du monde littéraire et culturel québécois, Valérie Chevalier et Matthieu Simard, ont uni leur plume ainsi que leur savoir-faire et laissé aller leur imagination pour écrire un premier roman à quatre mains. Correspondance épistolaire savoureuse entre deux personnages, Pauline et Hugo, Presse-jus représente un cocktail de confidences, de révélations, de moments empreints de grandes émotions, où la poésie du quotidien et les réflexions au coin du bon sens sont à l’honneur.

Dans Presse-jus, deux personnages qui, a priori, n’ont rien en commun, se découvrent, s’apprivoisent et en viennent à ne plus se passer l’un de l’autre. Ils parlent de tout et de rien, de leurs rêves et de leurs souvenirs, de leurs peines, de leurs joies. Ainsi se crée l’attachement...
À travers leur correspondance, on les découvre aussi, avec leurs fantaisies et leurs travers, leurs moments de joie, leurs moments de doute, leur sens de l’humour et leur volonté de vivre heureux, somme toute.
Valérie Chevalier, à qui on doit Le vacarme des possibles, connaissait un peu l’écrivain et scénariste Matthieu Simard, auteur du roman culte Ça sent la coupe. Un jour, elle lui a proposé d’aller prendre un café, en lui disant qu’elle avait une idée. Pourquoi pas? Matthieu a accepté. Et ce projet littéraire inusité, lumineux et rafraîchissant est né, pour notre plus grand bonheur à tous.
Échanges épistolaires
«J’ai toujours été fan d’échanges épistolaires. J’ai toujours aimé les grands échanges épistolaires de Simone de Beauvoir... les monuments de la littérature qui s’écrivaient des lettres d’amour», révèle Valérie Chevalier en entrevue.
«Aujourd’hui, ça n’existe plus vraiment. Avec les textos et les technologies, il n’y a plus vraiment d’échanges épistolaires. J’avais quand même envie de faire cet exercice et j’avais envie de travailler avec Matthieu. Je le connais depuis le début de sa carrière et je suis une grand fan.»
«J’ai mis plein d’affaires que j’aimais dans un projet et j’ai lancé ça dans l’univers! L’univers étant un petit coucou à Matthieu, en disant: “Ça te tente-tu d’aller prendre un café? J’ai une idée!”»
L’univers lui a répondu oui. Et Matthieu aussi. «De mon côté, c’était vraiment l’fun parce que j’étais dans un creux de vague. Ben de la misère à travailler, ben de la misère à écrire. Quand elle m’a fait un petit coucou, j’ai dit oui. Je suis ouvert aux idées. Pourquoi pas?»
«Valérie et moi, on ne se connaissait pas vraiment autrement que par nos livres. On s’était croisés quelques fois dans des salons, mais pas vraiment parlé. On était vraiment des inconnus qui ne se connaissaient juste que par [leurs] livres. Elle m’a pitché une idée très open: travaillons ensemble, écrivons quelque chose ensemble.»
Un exercice enrichissant
L’échange épistolaire dans Presse-jus commence le 14 novembre 2023 par une lettre adressée au père Noël par le père de Noah, 4 ans, à laquelle Pauline répond. «C’était un petit peu Noël pour nous aussi!» confirme Valérie Chevalier.
L’exercice a été enrichissant, même sur le plan personnel. «Ça m’a apporté une amie: je ne connaissais pas Valérie personnellement. Il y a plein de façons de se faire des amis, mais écrire un roman ensemble, c’est pas à ça qu’on pense en premier!»
Valérie avait envie d’une grande liberté de création. «Cette œuvre m’a stimulée, créativement. J’avais à la fois le plaisir de découvrir ce que j’allais pouvoir créer et le plaisir de découvrir les mots de Matthieu, qui me fait rire et que je trouve brillant.»


Presse-jus
Valérie Chevalier et Matthieu Simard
Éditions Hurtubise
208 pages
▶ En librairie le 14 novembre.
- Valérie Chevalier a publié sept romans aux Éditions Hurtubise, qui ont tous connu beaucoup de succès.
- En plus de sa carrière d’écrivaine, elle est comédienne, chroniqueuse et animatrice.
- Elle est lauréate de trois prix Gémeaux pour la meilleure animation jeunesse.
- Matthieu Simard est un écrivain et scénariste reconnu.
- On lui doit, entre autres, le film adapté de son livre à succès Ça sent la coupe, porté au cinéma par Patrice Sauvé.
- Il est l’auteur de plusieurs romans pour les adolescents et les adultes, dont Les écrivements, pour lequel il a remporté le Prix littéraire France-Québec en 2019.
«Si j’avais un pouvoir magique pour changer une chose dans ma vie, qu’est-ce que ça serait? Est-ce trop matérialiste de répondre que je me rendrais riche? On prétend que l’argent ne fait pas le bonheur, mais tant qu’à être mollement malheureux en permanence tout en quêtant des contrats à droite et à gauche, il me semble que ça me rendrait heureux d’être malheureux les poches pleines.
Un autre pouvoir magique qui me titille: celui de voyager dans le temps. Parfois, je me demande ce que je ferais si on me donnait l’occasion de revenir dans le passé, avec toutes les connaissances que j’ai maintenant.»
–Valérie Chevalier et Matthieu Simard, Presse-jus, Éditions Hurtubise
• À lire aussi: Valérie Chevalier se questionne sur l’engagement amoureux dans son nouveau roman
• À lire aussi: «Les Prank» de Matthieu Simard: abominable duo frère-sœur
• À lire aussi: «Rose des vents»: Valérie Chevalier aborde l’émouvant passage à l’âge adulte
• À lire aussi: «Une fille pas trop poussiéreuse» de Matthieu Simard: Montréal après la fin du monde
• À lire aussi: Entre la réalité et la fiction
• À lire aussi: La grande quête de l’âme sœur
• À lire aussi: Trouver l’amour à Montréal