Photographe sur le terrain, délai de six minutes, huées de la foule, insultes à l’arbitre: le match de Daniil Medvedev tourne à la foire à New York


Jessica Lapinski
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FLUSHING, New York | Tard dimanche, le Français Benjamin Bonzi a remporté son match de premier tour au US Open dans un chaos rarement vu, même à New York, aux dépens du champion de 2021, le Russe Daniil Medvedev, qui a tout fait pour alimenter le feu, et la foule.
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Pour la deuxième fois de suite, donc, Bonzi a éliminé Medvedev dans un tournoi du Grand Chelem, mais cette fois, rien ne pouvait préparer le 51e joueur au monde à ce qu'il allait vivre dans cette victoire de 6-3, 7-5, 6-7 (5), 0-6 et 6-4.
Un photographe banni
Tout a dégénéré tard dans la troisième manche, à 5-4, quand un photographe est entré sur le terrain alors que le Français de 29 ans s'élançait pour frapper son deuxième service sur balle de match contre la 13e tête de série, qui en arrache depuis plusieurs mois.
Une bourde qui a valu au photographe la révocation de son accréditation et qui a permis à Bonzi de servir plutôt une première balle, comme le veut la règle quand un délai est causé par un incident de la sorte.
Le dos au mur, Medvedev a vu rouge. Il n’a pas aimé que son rival ait droit de servir une première balle.

Il s’est rendu à la chaise de l’arbitre pour l’invectiver. Un arbitre connu au Québec: il s’agissait de Greg Allensworth, celui qui était en poste l’an dernier quand Félix Auger-Aliassime a perdu son quart de finale à Cincinnati malgré le fait que son adversaire a frappé une balle après un double bond.
Six minutes de huées
Allensworth ne jouit pas d’une grande réputation parmi les joueurs, et le Russe souvent bouillant s’en est servi à son avantage. «Es-tu un homme? Pourquoi trembles-tu?», lui a crié Medvedev.
«Il est payé au match, pas à l’heure, a poursuivi l’ancien numéro un mondial, en s’adressant directement à l’une des caméras sur le court. Il veut retourner à la maison.»
La foule massée dans les estrades du Stade Louis-Armstrong s’est alors mise à huer l’officiel, et Medvedev les a encouragés à continuer, il levait les mains pour réclamer des sifflets encore plus bruyants, jouant au chef d’orchestre.

À cette heure tardive — il était passé 23 h —, plusieurs ont embarqué, et ce, pendant... six minutes, empêchant par le fait même le pauvre Bonzi de s’élancer, lui qui ne voulait pas servir une balle aussi importante dans ces conditions.
«C’était le fun à voir, s’est réjoui un Medvedev clairement fier de son coup, en conférence d’après-match. Je pensais que je perdais le match. Je ne l’avais pas brisé une fois. [...] Je suis devenu émotif.»
«J’adore New York. Je n’ai rien fait, ils ont tout fait. Ils m’ont ramené dans ce match.»
Des fans et des non-fans
Le Français s’est fait briser, puis n’a plus été le même pendant plus d’une manche. Il a dû appeler le thérapeute du sport pour soigner un pépin avec un genou et a dû essuyer des huées à plusieurs reprises sur son service.

Mais Bonzi s’est accroché et c’est finalement lui qui s’en est tiré avec les honneurs, tandis que de retour à sa chaise après la défaite, Medvedev a martyrisé sa raquette.
«C’était fou, a commenté le Français. J’ai peut-être gagné de nouveaux fans, mais aussi de nouveaux non-fans. L’énergie était folle. Merci à ceux qui m’ont hué, merci pour l’énergie.»