US Open | Ce dont Félix Auger-Aliassime, Denis Shapovalov et Gabriel Diallo ne parlent pas ensemble


Jessica Lapinski
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FLUSHING, New York | Quand on déroule un peu le classement en simple sur le site de l’ATP, on aperçoit un petit contingent de drapeaux canadiens, presque collés. Si Félix Auger-Aliassime et Denis Shapovalov ont l’habitude de se côtoyer sur cette page, on constate que Gabriel Diallo se rapproche à une vitesse folle de ses deux compatriotes.
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Le premier est 27e mondial en date de cette semaine, le deuxième 29e et le petit dernier, qui n’a rien de petit du haut de ses 6 pi 8 po, 33e.
Ce ne sera peut-être pas pareil après cette quinzaine new-yorkaise qui s’amorce dimanche, puisqu’avec un troisième tour, Diallo a plus de points à défendre à ce US Open que ses deux comparses, qui avaient été défaits d’entrée de jeu, il y a un an.
Mais force est de constater qu’il se rapproche, ce moment où le Montréalais pourrait devenir le roi du tennis masculin au pays, un titre que revendique presque exclusivement Félix depuis quatre ans.
Le joueur le mieux classé au Canada, moins de trois ans après avoir fait ses débuts chez les professionnels.

«Non, je n’aurais jamais cru que ça pourrait arriver aussi vite», mentionne l’athlète de 23 ans. Tout comme il n’aurait jamais pensé qu’il aurait percé le top 100, puis le top 50 aussi rapidement.
«Tout va très vite», ajoute-t-il, sourire en coin.
Deux coups d’éclat
En effet... il y a un an, Diallo devait se qualifier pour les Internationaux des États-Unis. Il y était parvenu et, alors classé 143e, il avait remporté un match de premier tour âprement disputé contre l’Espagnol Jaume Munar. Le Journal était le seul média qui était venu le rencontrer au terme de la confrontation.
Sa victoire contre le Français Arthur Fils, alors 24e, avait piqué la curiosité de quelques journalistes de plus, curieux de découvrir ce grand jeune homme au puissant service et au mouvement fluide pour sa taille. Son parcours s’était arrêté au troisième tour, devant la 14e tête de série, l’Américain Tommy Paul, mais sa jeune carrière, elle, venait de passer en deuxième vitesse.
Elle a atteint la troisième, voire la quatrième cette année. Diallo est la 31e tête de série de ce US Open – une première pour lui dans un tournoi majeur –, et il y a quelques semaines, il mettait le grappin sur son premier titre ATP, sur le gazon de Bois-le-Duc.

C’est lui, le joueur canadien qui a connu la saison la plus constante, avec deux coups d’éclat, soit ce trophée et son quart de finale au Masters 1000 de Madrid, mais surtout, peu de défaites dès son premier match.
«Rarement de tennis»
Vendredi, pour la traditionnelle journée des médias du US Open, sept journalistes d’un peu partout étaient venus d’emblée rencontrer le gentil géant, aussi affable en entrevue qu’il est expressif sur le court.
«Qu’on soit les trois aussi proches au classement, je pense que c’est quelque chose de bien, réfléchit Diallo. Ça nous pousse à faire une répétition de plus à l’entraînement, à travailler plus fort pour se surpasser.»
C’est une «saine compétition» entre les trois joueurs, assure toutefois Gabriel. En fait, ils n’en parlent pas vraiment ensemble.
«On parle de tout et de rien... mais rarement de tennis», poursuit-il en riant, au sujet de ses compatriotes avec qui il a gagné la Coupe Davis, il y a trois ans.

«Mais c’est sûr qu’on regarde le classement, si on a des points à défendre, si on peut faire une poussée ici et là.»
Être le numéro 1 canadien serait «un honneur», mentionne aussi Diallo. Humble – d’autant plus que rien n’est encore fait –, le Québécois préfère toutefois faire jaillir la lumière sur le fait qu’à Flushing Meadows, il y aura cinq représentants de l’unifolié parmi les têtes de série.
Outre lui, Félix est 25e, «Shapo», 27e, et chez les femmes, la prodige Victoria Mboko sera la 22e tête de série, tandis que Leylah Fernandez sera la 31e.
«On a des joueurs qui poussent vers le top 50, poursuit-il. Si on pouvait avoir six ou sept têtes de série, si on peut inspirer des jeunes à jouer au tennis en continuant à briser des barrières, comme l’ont fait Milos Raonic ou Daniel Nestor... Il est plus là, mon focus.»
▶ Au premier tour à New York, lundi ou mardi, Gabriel Diallo se mesurera au Bosnien Damir Dzumhur, 60e mondial.