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Une «vraie course à l’adoption»: des acheteurs prêts à tout pour avoir un chien

L’éleveuse de golden retrievers Monick Drolet est aussi bénévole pour l’organisme Secours Golden Retriever Rescue Québec. Elle a recueilli le jeune Cooper le 1er janvier dernier, après que sa famille l’eut abandonné. Elle n’ose pas l’offrir à l’adoption en ce moment, car elle craint de se retrouver devant un tsunami de demandes de familles pressées d’avoir un chien.
L’éleveuse de golden retrievers Monick Drolet est aussi bénévole pour l’organisme Secours Golden Retriever Rescue Québec. Elle a recueilli le jeune Cooper le 1er janvier dernier, après que sa famille l’eut abandonné. Elle n’ose pas l’offrir à l’adoption en ce moment, car elle craint de se retrouver devant un tsunami de demandes de familles pressées d’avoir un chien. Photo courtoisie Monick Drolet
2021-01-30T05:00:00Z

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Des éleveurs de chiens ont été confrontés à une véritable «course à l’adoption» dans les derniers mois et dénoncent des acheteurs prêts à tout pour mettre la main sur un animal de compagnie. 

• Consultez notre dossier: Du bonheur en temps de pandémie

Monick Drolet en a long à dire sur le comportement des gens «pressés» de ramener un chien à la maison. La femme, qui possède un élevage de golden retrievers à Beaumont, gère aussi une pension pour animaux et est toiletteuse.

«C’est une vraie course à l’adoption», avertit celle qui agit aussi à titre de bénévole au sein de l’organisme Secours Golden Retriever Rescue Québec. 

Mme Drolet a d’ailleurs recueilli un golden retriever le 1er janvier dernier. Un chien acheté puis abandonné au cours du confinement en raison de son comportement. 

Elle n’ose même pas l’afficher en adoption tellement la demande est grande, et croit qu’elle recevrait «jusqu’à 300 courriels» de gens intéressés. La femme, qui fait partie d’un groupe d’éleveurs éthiques québécois, attendra plutôt de trouver «la bonne famille». 

La folie est telle que les prix ont explosé sur les sites de petites annonces. Un rapide coup d’œil sur l’un de ces sites a permis de dénicher des bouledogues français à 5500 $ chacun. Une éducatrice canine rapporte avoir vu des chiots à vendre pour 12 000 $.  

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«C’est fou, c’est fou, c’est fou comment je me serais mise riche», lance Sylvie Lamoureux, une éleveuse de teckels de Saint-Mathias-sur-Richelieu. Cette dernière raconte qu’elle aurait pu vendre trois chiots par semaine tellement la demande était grande.  

«Mes femelles ne sont pas des usines, explique-t-elle. Ce qu’on vit en ce moment, c’est assez hallucinant». 

Écoutez la journaliste du Journal de Québec Élisa Cloutier ici

Un acheteur très mal renseigné 

Un éleveur de saint-bernards de la région de Québec a aussi goûté à la médecine d’un acheteur pressé et mal avisé.

«J’ai eu de tout cette année», résume, un brin découragé, Denis Gros-Louis, aussi directeur pour le Québec au conseil d’administration du Club canin canadien. 

Ce dernier estime que les demandes de renseignements concernant ses chiens ont bondi de 300 % par rapport à la normale. 

«Un homme m’a appelé et m’a dit : “J’ai vu quelque part que tu vendais des chiens. En as-tu un à vendre ?” Je lui ai demandé quelle race il désirait. Il m’a répondu : “Je veux un chien”», raconte M. Gros-Louis, qui s’est ensuite renseigné sur les caractéristiques recherchées. 

«Il m’a dit qu’il voulait un petit chien, comme un shih tzu. Je lui explique que j’élève des saint-bernards et il me répond : “c’est quoi ça ?” On part de loin.»  

Rappelons qu’un saint-bernard mâle adulte peut peser jusqu’à 185 lb. 

Mise en garde 

Le président de l’Union des éleveurs canins du Québec, Serge Boudrias, met en garde les acheteurs pressés d’acheter n’importe quel chien à n’importe quel prix. 

«Les gens se procurent des chiens à gauche et à droite. Ce sont des mélanges de mélanges. On leur donne un nom fictif, comme un labradoodle par exemple, mais ce n’est pas une race. Nous n’avons aucune statistique sur la génétique de ces chiens-là [...] Ce sont des chiens qui n’ont pas de stabilité génétique, tant au niveau psychologique que morphologique. Ce sont des boîtes à surprises que les gens achètent à gros prix».  

– Avec la collaboration d’Elisa Cloutier 

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