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Une Ville Reine, trois enfants rois

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-05-06T22:14:28Z

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Samedi soir, les Bruins de Boston ont évité la honte ultime, une élimination au premier tour des séries éliminatoires une deuxième année de suite après avoir mené ladite série par trois victoires contre une seule.

Le Montréalais Jim Montgomery, qui n’a pas «coaché» une grande série malgré ses qualités d’humain et d’homme de hockey, a probablement sauvé son poste derrière le banc des Bruins. Juste pour ça, je me réjouis de la victoire des jaunes et noirs.

La victoire des Bruins, c’est surtout la défaite des Leafs de Toronto. Dans la ville reine co-habitent trois enfants rois : Auston Matthews, Mitchell Marner et William Nylander. Matthews et Marner ont fait leurs débuts lors de la saison 2016-2017, Nylander avait disputé 22 matchs en 2015-2016 et a lui aussi vraiment commencé sa carrière dans la ligue nationale en 2016-2017.

Le «trium-de-petits-verras» arrivait déjà à un huitième parcours éliminatoire en carrière ce printemps.

En 2017, les jeunots devaient perdre pour mieux apprendre à gagner, disait-on en chœur et crinqués à Toronto. Revers en six au premier tour devant les Capitals de Washington. La bande d’Ovi perd au tour suivant face aux Penguins...

En 2018, oups, autre revers au premier tour, mais on constate une légère amélioration : Toronto tombe en sept plutôt qu’en six cette fois contre, tiens, tiens, le Boston... Boston perd en cinq contre Tampa au tour suivant.

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En 2019, ouin, ça commence à être lassant, voire gênant. Autre défaite dès le premier tour, encore contre Boston, encore en sept matchs. Les Bruins vont perdre en sepyt en grande finale contre St. Louis plus tard au printemps.

En 2020, alors que le Canadien sort les Penguins en quatre dans le tour zéro pandémique en plein mois d’août, les Leafs perdent en cinq le même tour zéro face aux... Blue Jackets de Columbus. Ils n’entrent même pas dans le vrai tournoi et sont de surcroit blanchis 3-0 dans le cinquième et ultime match. Columbus, véritable intrus au tableau principal de 16 clubs en séries, perd en cinq devant Tampa Bay dès le premier vrai tour.

En 2021, on n’oubliera pas de sitôt le scénario. En avant 3-1 au premier tour face au Canadien, les Leafs en perdent trois de suite et trébuchent encore bêtement dès le premier tour. Le CH allait perdre en grande finale quelques semaines plus tard face au Lightning.

En 2022, le Toronto plante encore en pleine face dès le premier tour, perdant de nouveau en sept cette fois face au Lightning de Tampa Bay. Les «Bolts» allaient éventuellement perdre en finale de la coupe Stanley devant l’Avalanche.

L’an dernier, les Leafs gagnent enfin une ronde, éliminant le Lightning en six au premier tour, avant de perdre en cinq face aux Panthers au tour suivant. La Floride qui allait perdre en finale face à Vegas... et puis, de nouveau, un revers au premier tour ce printemps, de nouveau face aux Bruins.

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Huit printemps, huit fois en séries pour Toronto et ses très petits rois loin de ceux du regretté Jean-Pierre Ferland. Une seule misérable ronde de gagnée dans ce laps de temps. Je présume que les gros bébés se consolent en se disant qu’à quatre reprises ils ont été éliminés par les éventuels finalistes de la coupe Stanley?! On se raccroche à ce que l’on peut...

Alors j’ajoute d’emblée qu’aucun de ces quatre finalistes n’a soulevé le gros saladier argenté, soulevé la dernière fois à Toronto en 1967, soit il y a 57 printemps.

Revenons aux trois enfants rois de la Ville Reine. Matthews a 48 points, dont 23 buts, en 55 matchs de séries en carrière; 0,41 but par match alors qu’en saison, il a 649 points, dont 368 buts, en 562 matchs, une moyenne de 0,65 buts par match. Une moyenne nettement supérieure en saison par rapport aux séries.

Marner, lui : 50 points en 57 matchs de séries, 0,87 point par match dans la vraie saison comparativement à 639 points en 576 matchs de saison, une moyenne de 1,10 point par match.

Enfin, Nylander cumule 43 points en 54 matchs de séries, 0,79 point par match, et 528 points en 603 matchs de saison, soit 0,87 point par match. Des trois fleurons flétris de la foire, il est le plus productif quand ça compte vraiment. Ça a d’ailleurs paru dans les matchs 5 et 6 face à Boston, moins dans le match ultime, incidemment celui qui marquait le retour de son meilleur ennemi chez les bleus et blancs, Auston Matthews.

Un ménage s’impose à Toronto. On a misé beaucoup sur un noyau talentueux au possible, mais incapable de s’oublier pour la cause de l’équipe, donc incapable de relever le niveau lorsque l’enjeu le suggère.

Cette équipe demeure excitante, elle vend des billets à fort prix et la demande ne se tarit pas, mais elle confirme que dans le contexte actuel, tous les efforts déployés ne rimeront jamais avec coupe Stanley.

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