[VIDÉO] Une usagère du métro incite ce Brésilien à tenter sa chance à «La Voix»

Guillaume Picard
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Le Brésilien Roberto Scienza a appris le français ces dernières années, mais plus intensément depuis son arrivée à Montréal, en septembre 2021. Il parlait à peine la langue quand il a posé ses valises à Montréal-Trudeau, mais tout ça est maintenant de l’histoire ancienne.
À La Voix, dimanche, on a pu constater qu’il avait fait des pas de géant. Il s’exprime avec aisance dans la langue de Vigneault et son accent est tout simplement charmant, tout comme sa personnalité. Et il aime tellement le Québec qu’il souhaite y demeurer «pour toujours».
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C’est une usagère du métro de Montréal, prénommée Lorraine, qui a incité le bluesman de 31 ans à tenter sa chance à La Voix. Elle a découvert son potentiel alors qu’il jouait à la station Henri-Bourassa.
«Lorraine a fait tomber des murs pour moi», a dit Roberto, qui n’avait jamais osé prendre part à l’émission The Voice Brasil dans son pays d’origine.
«Avant Lorraine, j’étais un petit peu “down” avec ma musique. La Voix, c’était une façon de me faire croire en moi, et Lorraine m’a aidé beaucoup avec ça.»
Lors de son audition à l’aveugle diffusée dimanche, la femme de 66 ans était, bien entendu, présente pour encourager son ami. Elle a raconté à Charles Lafortune: «J’arrivais de l’ouvrage et j’ai entendu une voix de prince.» Elle a alors dit à Roberto: «Tu es une vedette déjà. Si j'avais les moyens, je ferais de l'argent avec toi!» Puis elle lui a conseillé: «En attendant, tu devrais aller à La Voix.» Elle croit qu'il gagnera la 10e saison.
France reconnaît un «vrai»
France D’Amour a recruté Roberto dans son équipe. Elle a été la première à appuyer sur son bouton rouge, au tout début de la prestation sur la chanson Death Letter, d'Eddie «Son» House. Elle croit que son protégé «est un vrai» bluesman.

Le sympathique musicien détient un doctorat en philosophie et il poursuit un deuxième doctorat en littérature comparée, à l’Université de Montréal. Il a commencé à chanter dans des restaurants avec son grand-père, puis il a fait partie de groupes rock et heavy métal au Brésil.
Il était venu une première fois au Québec en 2016, mais à son retour, cinq ans plus tard, avec sa conjointe et leur fils de 13 ans, il a ouvert les vannes et a appris à parler le français. Pour y parvenir, il a embrassé la culture québécoise, que ce soit la musique ou les films d’ici, et il s’est déniché un travail comme accompagnateur auprès de deux enfants handicapés.
Roberto, qui a chanté dans le métro jusqu’à la semaine dernière pour pratiquer les chansons de son nouveau groupe de blues, le Roberto Scienza Trio, aime écrire des chansons et des essais philosophiques. Il croit que l’artiste et le philosophe en lui peuvent cohabiter. Il rêve donc d’être musicien et professeur de philosophie dans la vie.
«Mon philosophe préféré, Nietzsche, était musicien. Rousseau aussi. La philosophie, comme la musique et la littérature, c’est créatif.»
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