Résultat historique pour la nageuse Mary-Sophie Harvey, qui égale le meilleur résultat québécois par une femme dans une finale individuelle olympique


Richard Boutin
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PARIS | À sa première finale individuelle aux Jeux olympiques, lundi à La Défense Aréna, la nageuse Mary-Sophie Harvey a laissé toute une impression en signant un record personnel pour terminer au pied du podium dans un 200m libre dominé par les Australiennes et en obtenant le meilleur résultat par une Québécoise depuis 1992.
À Barcelone, Guylaine Cloutier avait pris le 4e rang au 100m brasse. Au cours de ces mêmes Jeux, Nathalie Giguère avait terminé en 5e position tout juste derrière sa coéquipière. Du côté masculin, le record appartient au Montréalais Georges Hodgson qui a remporté l'or au 400m libre et au 1500m lors des Jeux d'Anvers en Belgique en 1920.
En 8e place après 50m et en 6e position après 100m, Harvey a ouvert le turbo dans la dernière longueur pour gruger deux places et conclure avec un chrono de 1 min 55 s 29. Les Australiennes Mollie O’Callaghan et Ariarne Titmus (championne olympique au 100m papillon) ont réussi le doublé avec des temps respectifs de 1 min 53 s 27 et 1 min 53 s 81.
«Ça fait quelques 4e place et ça pourrait être décevant, mais ça me motive pour la suite, a expliqué Harvey qui a terminé à 0 s 74 du podium et de Bernadette Haughey Siobban de Hong-Kong. Ça nourrit le petit feu pour le futur. J’étais contente de faire un temps de 1 min 58 s aux Jeux panaméricains en décembre et là je ne suis pas contente d’avoir fait 1 min 55 s. C’est fou. Je termine proche d’une médaille olympique. Je le veux ce podium olympique et ça s’en vient.»
La carte de la négligée
Bien cachée dans le 8e couloir, la première Québécoise qualifiée pour une finale olympique individuelle depuis la 6e place en brasse de Guylaine Cloutier en 1996 à Atlanta a néanmoins tiré profit de cette situation qui n’est pas optimale.
«Je n’avais aucune pression et les filles ne se souciaient pas de moi, a-t-elle expliqué. J’étais la négligée. Je suis parti plus vite qu’en demi-finale et je voulais être le plus proche possible après 100m. J’ai fait ma course au lieu de regarder les autres. Je disais pouvoir améliorer mon classement, dimanche soir après la demi-finale, et je n’ai pas parlé au-travers mon chapeau.»
«Au moment de toucher le mur, je me doutais que je n’étais pas en 3e place, mais j’aurais voulu voir 1 min 54 s sur le tableau, de poursuivre Harvey qui a ainsi amélioré le record québécois qu’elle détenait déjà. Est-ce que je ferai 1 min 54 s dans deux jours lors du relais 4X200m? J’aimerais bien ça. Summer (McIntosh) est dans une grande forme et j’aime nos chances.»
Le relais 4X200m canadien avait terminé en 4e place aux Jeux de Tokyo. Harvey est impressionnée par sa coéquipière. «Elle ne se laisse pas emporter par ses succès et demeure concentrer sur la tâche ce qui est impressionnant à seulement 17 ans. Je me souviens de sa 4e place au 400m QNI à Tokyo en 2021 à seulement 14 ans. Elle était tellement fâchée et j’avais aimé sa réaction.»
Comme le bon vin
Dominante en bas âge, Harvey s’améliore en vieillissant comme le bon vin après des années plus difficiles. «J’étais la deuxième nageuse la plus âgée en finale et il s’agissait de ma première finale olympique, a-t-elle indiqué. L’âge n’est qu’un chiffre et je suis à l’aise avec mon parcours. Je peux encore m’améliorer même à 24 ans.»
Elle soufflera sur ses 25 bougies le 11 août à l’occasion de la dernière journée des Jeux.