Une superbe expérience avec les Gouverneurs de Sainte-Foy et quelques cigares en prime pour Benoît Groulx


Richard Boutin
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Benoît Groulx garde des souvenirs impérissables de ses deux saisons avec les Gouverneurs de Sainte-Foy.
En pension chez Robert (Bob) Chevalier et déjà passionné de notre sport national, Groulx discutait sans arrêt de hockey avec le grand patron des Gouverneurs au retour à la maison et lui a même subtilisé quelques cigares pendant ses absences. La concession originale qui évolue sous le nom du Blizzard du Séminaire Saint-François a disputé, vendredi soir, le 2000e match de son histoire.
«En quittant la maison pour la première fois de ma vie, je suis tombé à la bonne place, résume Groulx. Nous avons passé tellement de temps ensemble à parler de hockey le soir. Bob me racontait ses histoires du passé, notamment celles concernant Jean Béliveau. J’ai vraiment allumé.»
Groulx a aussi beaucoup apprécié son entraîneur Jean-Louis Létourneau. «Le hockey de compétition a débuté avec les Gouverneurs, souligne celui qui est toujours à l’emploi du Lightning de Tampa Bay après avoir dirigé son club-école à Syracuse pendant sept ans. C’est la première fois que j’avais un entraîneur bien organisé. Jean-Louis était un bon enseignant et possédait une très bonne pédagogie.»
Quand le chat n’est pas là...
Chaque hiver, Chevalier partait un mois en Floride avant les séries éliminatoires et le jeune Groulx demeurait seul à la maison, mais le fondateur des Gouverneurs s’assurait que des adultes de confiance se pointent à la résidence à l’occasion pour s’assurer que tout se passait bien.
«Il n’y a jamais eu de party pendant ses absences, mais je lui ai volé quelques cigares, raconte Groulx en s’esclaffant. Son grand chum et responsable de la cantine à l’aréna Sarto Barsetti, son gendre Yvan Boudreau et la femme de ménage venaient régulièrement à la maison quand Bob n’était pas là.»
Un débat sur ses droits
Après une première saison où les Gouverneurs s’étaient inclinés en sept parties en finale devant leurs grands rivaux, les Lions du Lac Saint-Louis, Groulx aurait pu retourner en Outaouais la saison suivante, puisque Gatineau avait obtenu une franchise dans le circuit, mais il a préféré demeurer à Sainte-Foy.
«Il y avait un petit débat pour que je joue avec l’équipe de ma région, surtout que mon père était recruteur de l’équipe, mais c’était clair que je restais avec les Gouverneurs. Bob avait sûrement utilisé ses contacts pour faire pencher la balance.»
«J’aimais ça à Sainte-Foy, nous avions un bon club et je voulais gagner après avoir perdu en finale l’année précédente contre nos grands rivaux, d’ajouter Groulx, qui trône au sommet des marqueurs de l’histoire du Blizzard avec 192 points. On s’était rendus à la Coupe Air Canada. Mon père a toujours respecté ma décision.»
Les Gouverneurs étaient revenus de Moncton avec la médaille de bronze, et Groulx avait été sélectionné attaquant par excellence du tournoi.
Discussions animées à la maison
Passionné de hockey, le jeune Groulx l’était moins par l’école, comme nous l’avait mentionné son entraîneur Jean-Louis Létourneau dans un texte publié, jeudi.
«Je suis 100 pour cent d’accord avec Jean-Louis et c’était un combat tout le temps pour aller à l’école, illustre-t-il. Il y a eu des débats à la maison toute ma jeunesse. Ma mère était enseignante et il y a eu des discussions corsées. Ma mère ne m’a pas lâché, mais je ne suis pas certain qu’elle a gagné le combat. Avec le recul, j’aurais dû mieux faire ça. C’est pourquoi j’ai encouragé mon fils à poursuivre ses études tout en jouant au hockey.»
Choix de 2e ronde en 2018, son fils Benoit-Olivier porte les couleurs des Ducks d’Anaheim.
Groulx a eu la piqûre du hockey très jeune.
«Dès l’âge de 10 ans, mon père était entraîneur et il me traînait dans les arénas, souligne celui qui a dirigé l’équipe canadienne au championnat mondial junior en 2015. Mon père a aussi été recruteur à Sorel et à Chicoutimi. J’avais rencontré tous les entraîneurs de la LHJMQ. J’ai toujours été intéressé par le coaching.»