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Une situation idéale: le Canadien est l'intrus du carré d'as

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2026-05-21T22:14:19Z

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Les observateurs étrangers sont catégoriques : il y a un intrus dans le carré d’as de la finale d’association. Et cet intrus, c’est le Canadien de Montréal. 

On accorde très peu de chances aux hommes de Martin St‐Louis de venir à bout des puissants Hurricanes de la Caroline, meilleure équipe de l’Est en saison régulière. Parfait. La situation est idéale.

Le Tricolore est de nouveau le sous-chien de sa série. Celui qu’on regarde de haut. Celui qu’on n’attend pas. Et c’est déjà un premier avantage pour la Sainte‐Flanelle.

Sur papier, l’avantage aux Hurricanes

La ligne de centre des Hurricanes est supérieure à celle du Canadien. Dans l’ensemble, l’attaque des Canes est aussi meilleure que celle du CH.

Les deux premiers trios sont au point mort. Lequel va se mettre en marche en finale d’Association ? La réponse à cette seule question peut identifier le probable gagnant de la série... à moins que les défensives ne décident d’exceller.

Et si on parle de défensive, celle de la Caroline est « Brind’Amour‐isée » : schématisée, méthodique, appliquée, presque automatique. Elle est menée par Jaccob Slavin, le meilleur de la Ligue nationale pour tuer des jeux.

Le facteur Hutson

Le Canadien, lui, compte sur le meilleur défenseur tout court : Lane Hutson. Le facteur Hutson est indissociable d’une possible victoire montréalaise.

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L’électrisant défenseur a tout donné lors des sept duels face aux Sabres. Hélas, tous ses coéquipiers de la ligne bleue n’ont pas suivi au même niveau. Lorsque les six défenseurs ont disputé leur match « A », le Canadien a battu Buffalo. Lorsque certains ont défailli, le Canadien a perdu.

Je n’ai aucun doute : si les six défenseurs utilisés par Martin St‐Louis jouent sans flancher et limitent les erreurs coûteuses, ils sont meilleurs que les six défenseurs des Hurricanes.

C’est encore plus vrai quand on inclut Jakub Dobes et Frederik Andersen dans l’équation. Andersen connaît de bonnes séries, mais il a souvent joué avec l’avance et n’a pas encore perdu.

Le vétéran de 37 ans traîne toutefois un lourd passé. Il semble toujours à un tir mal placé ou à une blessure près de quitter un match. On lui souhaite la santé, évidemment. Mais on lui souhaite aussi la défaite.

Si cette série se joue entre les poteaux, je suis totalement confortable. Dobes est un pur gamer. Un gars qui aime livrer des guerres. Qui aime se sentir vivant devant sa cage. Qui veut gagner et qui sait que ce qu’il accomplit présentement va le définir longtemps dans la meilleure ligue au monde.

Avantage numérique et les intangibles

L’avantage numérique du Canadien est sur une excellente lancée avec sept buts lors des cinq derniers matchs. Le jeu à court d’un homme des Hurricanes est toutefois formidable. Une autre belle bataille qui se dessine.

Mais moi, j’aime les intangibles. Et ils pointent tous vers le Canadien.

Oui, la foule est présente et bruyante à Raleigh. Mais elle préfère quand même le NASCAR et le basket universitaire. Pendant ce temps, au Québec, on ne vit plus que pour le Canadien ce printemps.

La vague est devenue un tsunami. Partout, les partisans se rassemblent. Leurs clameurs traversent les frontières et sont entendues par les joueurs de Montréal, jusque dans le vestiaire adverse.

Les p’tits gars savent que les vrais connaisseurs de hockey d’Amérique sont en liesse devant leur exploit. Ce ressentiment se transforme en adrénaline. Un effet d’ammoniac sur la meute, qui en oublie la douleur, les blessures et la pression suffocante des Hurricanes.

Verdict

Et quand la meute est prête à verser sang et eau pour la victoire, tout devient possible.

Montréal en sept.

Ce ne sera jamais simple avec ces Mohicans en développement.

Et c’est entre autres pour ça qu’on les aime autant.

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